Qui aurait cru qu’à peine un an après l’alternance, les mêmes acteurs qui avaient mené trois années de lutte acharnée contre le régime brutal de Macky Sall et son clan de l’APR seraient de retour dans les rues, cette fois pour réclamer justice ?
Anciens détenus politiques, familles de martyrs (dont celle d’Idrissa Goudiaby), responsables du pouvoir actuel et citoyens indignés par la lenteur de la justice : tous ont convergé vers Dakar pour exiger que la lumière soit faite et que les commanditaires des crimes soient enfin identifiés et jugés.
Mais derrière les cris de colère et les pancartes brandies, une réalité plus silencieuse persiste : celle des ex-détenus et victimes encore marqués par les séquelles de cette répression. Certains peinent à se réinsérer, d’autres vivent toujours avec les séquelles de l’emprisonnement et des tortures, beaucoup continuent de se battre pour retrouver une place dans la société.
Cette situation urgente appelle à plus qu’une simple reconnaissance symbolique. Elle exige la mise en place d’un cadre légal solide afin de garantir réparation et accompagnement. L’État doit assumer pleinement ses responsabilités et mobiliser les outils existants pour permettre aux victimes de reconstruire leur vie, tant sur le plan personnel que professionnel ou entrepreneurial.
Car au-delà des discours, la véritable alternance se mesurera à la capacité de la Nation à guérir ses plaies et à rendre justice à ceux qui ont payé le prix fort pour la démocratie et la libération du Peuple.