La Maison de la Presse Babacar Touré a accueilli ce lundi l’ouverture de l’atelier de consolidation des recommandations issues des Assises nationales des médias et des journées de concertation. Pendant deux jours, acteurs du secteur, autorités de régulation et représentants institutionnels réfléchissent ensemble à l’avenir d’un paysage médiatique sénégalais en pleine mutation.
Dans son intervention, Moustapha Cissé, secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), a dressé un tableau sans concession de la situation. Selon lui, « les entreprises de presse sont asphyxiées par la dette fiscale » et les radios communautaires restent exclues des mécanismes de financement. Le Synpics plaide ainsi pour un régime fiscal spécifique pour les médias, l’intégration du langage des signes dans les contenus, une accélération des réformes déjà engagées par les autorités. « Nous ne demandons pas de faveur, mais l’instauration de conditions dignes et souveraines pour le secteur », a-t-il insisté.
Un appel au sursaut collectif
Pour sa part, Matar Silla, président du comité scientifique des Assises nationales des Médias, a souligné l’urgence d’un apaisement et d’un dépassement des divergences internes. « Baissons les armes, apaisons les cœurs. Il faut taire les passions pour mettre sur la table des propositions concrètes », a-t-il lancé, rappelant l’appel récent du Premier ministre à un sursaut national.
Représentant le gouvernement, Habibou Dia, directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a invité le CNRA à accompagner les réformes d’assainissement. Il a appelé les médias à dépasser les logiques partisanes pour se consacrer aux véritables enjeux : application stricte des textes existants, transparence dans la gestion du Fonds d’aide et de développement de la presse (FADP), implication de l’ADEPME et du CESTI pour renforcer la formation et la qualité du travail, notamment dans les médias en ligne.
Concernant le décret sur les critères d’accès à l’aide à la presse, largement commenté sur les réseaux sociaux ce week-end, Habibou Dia a précisé qu’il remontait à l’ère du Président Macky Sall et ne constituait donc pas une nouveauté.
Des groupes de travail pour tracer la voie
À l’issue des interventions, les participants ont été répartis en groupes de travail pour réfléchir sur trois axes prioritaires : le renforcement du Code de la presse, la régulation du secteur des médias avec un nouveau cahier des charges qui va intégrer les médias en ligne, la réforme du Fonds d’aide et d’appui à la presse.
Les discussions se poursuivront jusqu’au mardi 26 août 2025, avec l’objectif de produire des recommandations consolidées et applicables dans les meilleurs délais.