Bonne nouvelle pour les caisses de l’État. À fin septembre 2025, les recettes fiscales du Sénégal ont bondi de 218 milliards FCFA par rapport à la même période de 2024, selon les chiffres provisoires publiés par la Direction de la Prévision et des Études Économiques (DPEE).
Dans le détail, les ressources globales du budget (recettes budgétaires + dons) atteignent 3 253,5 milliards FCFA, soit une progression de 7,5 % en glissement annuel. Cette performance est essentiellement tirée par la dynamique des recettes fiscales, qui portent quasiment seules la hausse des ressources de l’État.
Dans le même temps, les dépenses publiques ont sensiblement reculé, passant de 4 862 milliards à fin septembre 2024 à 4 312,6 milliards cette année, soit une baisse de 11,3 % (-550 milliards). Cette maîtrise inhabituelle des dépenses s’explique à la fois par un effet de base élevé l’an dernier (dépenses pré-électorales et post-Covid) et par une volonté affichée de rationalisation sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye et du gouvernement Sonko.
Un solde budgétaire qui respire enfin Grâce à cette double dynamique (recettes + dépenses), le déficit budgétaire à fin septembre 2025 s’établit à environ -1 059 milliards FCFA, en nette amélioration par rapport aux -1 609 milliards enregistrés un an plus tôt. Rapporté au PIB, le déficit pourrait descendre sous la barre des 4 % en fin d’année, un niveau que le Sénégal n’a plus connu depuis 2019.
Les facteurs de la hausse des recettes fiscales
- Reprise de l’activité économique (croissance estimée à +6,5 % en 2025)
- Meilleure mobilisation de l’impôt grâce au renforcement des contrôles et à la digitalisation (e-tax, facture normalisée)
- Élargissement de l’assiette fiscale (lutte contre l’informel, recouvrement des grandes entreprises)
- Hausse des cours des matières premières (phosphates, or, zircon) boostant les droits de douane et les dividendes des sociétés minières
Vers un budget 2026 ambitieux mais prudent ?
Ces bons résultats à neuf mois donnent de l’air au gouvernement qui prépare actuellement le budget 2026. Ils permettent d’envisager : - une marge pour financer les grandes priorités sociales (Yewwi, baisse du coût de la vie)
- une réduction progressive de la dette publique (75,8 % du PIB à fin 2024)
- le respect des critères de convergence UEMOA (déficit ≤ 3 % du PIB à horizon 2026-2027) Reste à confirmer cette tendance sur les trois derniers mois de l’année, traditionnellement les plus chargés en recettes (paiement du solde de l’impôt sur les sociétés, pic des droits de douane avant Noël).
En attendant, ces chiffres constituent le premier vrai succès chiffré de l’ère Faye-Sonko en matière de gestion des finances publiques. Un signal fort envoyé aux partenaires techniques et financiers… et à la notation souveraine.
Ramatoulaye Sow