Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu, vendredi 20 février 2026 au Palais présidentiel, une quarantaine de responsables départementaux du parti PASTEF, conduits par Ayib Daffé. Une rencontre très attendue, dans un contexte marqué par des tensions internes, des limogeages controversés et des interrogations persistantes sur les relations entre le chef de l’État, son parti et la coalition au pouvoir.
Démarrée vers 15 heures, la réunion s’est poursuivie jusqu’après la rupture du jeûne. Chaque coordonnateur départemental a disposé de trois minutes pour intervenir, formuler des préoccupations et faire des suggestions sur la vie du parti et la gouvernance actuelle.
Contrairement à certaines informations relayées, Ousmane Sonko n’a pas pris part aux échanges. Selon nos sources, il a brièvement fait une apparition au moment de la rupture du jeûne avant de repartir aussitôt, sans intervenir ni participer aux discussions.
Diomaye-PASTEF : une relation sous questionnement
L’un des points centraux de la rencontre a porté sur la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son parti d’origine. Pour rappel, le chef de l’État, ancien secrétaire général de PASTEF, avait annoncé sa démission de cette fonction après son élection, affirmant vouloir se placer « au-dessus de la mêlée ».
Le débat trouve son origine dans un communiqué daté du 11 novembre 2025, par lequel le président s’était démarqué de la position d’Ousmane Sonko exprimée lors du « Téra Meeting » du 8 novembre.
Lors de ce rassemblement, le président de PASTEF avait récusé Aminata Touré, alliée de la coalition « Diomaye Président », estimant qu’elle ne devait pas piloter la structuration de ladite coalition en raison de son passage à la tête du Conseil économique, social et environnemental sous le régime de Macky Sall, période durant laquelle elle avait été citée dans un rapport.
À rebours de cette position, Bassirou Diomaye Faye avait maintenu Aminata Touré à ce poste stratégique, alimentant des rumeurs persistantes sur une rupture avec PASTEF, d’autant plus que la coalition s’est dotée d’un siège, a procédé à des recrutements et intégré des figures issues de l’ancien régime.
Face aux responsables départementaux, le président a été catégorique : il affirme n’avoir jamais quitté PASTEF, ni se considérer comme un militant dissident. Il cite notamment ses tournées à l’intérieur du pays, au cours desquelles il rencontre systématiquement les responsables et coordinateurs du parti pour discuter de sa vie interne.
Limogeages de Salimata Dieng, Bassirou Kébé… : « l’État impose des règles »
Interpellé sur les limogeages de cadres issus de PASTEF, notamment Salimata Dieng, ancienne chargée de mission à la Présidence (révoquée le 7 octobre 2025), et Bassirou Kébé, ex-directeur général de la SN HLM (limogé le 18 février 2026), le chef de l’État a justifié ces décisions par les exigences de l’action gouvernementale.
Selon lui, occuper une fonction étatique implique le respect de la solidarité gouvernementale, l’alignement sur la ligne du régime et une communication maîtrisée. Pour le Président, on ne peut pas être dans l’État et parler n’importe comment.
Coalition « Diomaye Président » : une alliance assumée, mais temporaire ?
Concernant la coalition « Diomaye Président », souvent présentée comme une source de friction avec PASTEF, le président a rappelé que ses membres figurent parmi ceux qui ont contribué à son élection en 2024. À ce titre, il estime ne pas pouvoir les écarter sans donner l’impression d’une trahison politique.
Il a par ailleurs confirmé être le signataire du communiqué du 11 novembre 2025 désignant Aminata Touré pour restructurer la coalition, mettant fin aux rumeurs sur une éventuelle usurpation de signature.
Quant à l’avenir de cette coalition, Bassirou Diomaye Faye se veut prudent. Il explique attendre les conclusions de la mission confiée à Aminata Touré avant de trancher, tout en exprimant son souhait que PASTEF devienne, à terme, le principal gestionnaire.
Faible présence de PASTEF dans l’appareil d’État : un malaise « reconnu »
Plusieurs responsables ont dénoncé la faible représentativité des militants de PASTEF dans les ministères, directions, agences et services de l’État, où des cadres proches de l’ancien régime occupent encore des postes clés.
Le président reconnaît cette situation. Il affirme se baser sur les profils qui lui sont proposés et dit avoir instruit ministres et directeurs généraux d’intégrer, en cas de besoin, des membres de PASTEF compétents. Constatant que ces instructions n’ont pas toujours été suivies, il assure vouloir y veiller personnellement.
Comme piste de solution, il a demandé l’identification des responsables départementaux en pole position pour les prochaines élections locales, ainsi que leurs profils, afin de mieux les responsabiliser.
Relations avec Ousmane Sonko : « une symbiose, malgré des divergences »
Sur ses rapports avec Ousmane Sonko, le président parle d’un travail en « parfaite symbiose », tout en reconnaissant des désaccords. Il cite notamment certaines prises de position publiques du leader de PASTEF sans concertation préalable, des propos évoquant une absence d’autorité de l’État, ainsi que des attaques sur les réseaux sociaux menées par des militants et des responsables gouvernementaux, qu’il assimile à une forme de défiance.
Justice et reddition des comptes
Sur la question judiciaire, le Président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son attachement à l’indépendance de la justice. Concernant les dignitaires de l’ancien régime cités dans des affaires, il estime que la justice fera son travail dès lors que les preuves seront réunies. « Je ne protège personne », a-t-il insisté.
Militants et communication : un appel à la mobilisation
Enfin, le chef de l’État s’est dit préoccupé par le désengagement des militants dans la défense et la vulgarisation des actions gouvernementales. Il déplore leur faible présence sur le terrain et dans les médias pour expliquer les réalisations du régime.
Selon lui, le parti doit porter le pouvoir, faute de quoi il sera difficile de convaincre les populations et d’envisager une reconduction du mandat. Interrogé sur l’échéance de 2029, le président a toutefois éludé la question, estimant que le moment n’était pas encore venu.
Merci beaucoup vous êtes toujours au travail remarquable
Mais Diomaye mi nitt la ?
« Comme piste de solution, il a demandé l’identification des responsables départementaux en pole position pour les prochaines élections locales, ainsi que leurs profils, afin de mieux les responsabiliser. »
Si cela est avéré :
_ une certitude : gagner les élections locales sont sa principale préoccupation
_ une question : pourquoi ne pas demander la liste directement au Président du Parti?
_ un changement de cap: le retour aux activités/opérations du Parti après la mise à l’écart volontaire. Mais en quelle qualité ?
Un vrai travail de journalisme; chapeau boury.
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