Le climat politique dans la capitale sénégalaise s’est une nouvelle fois enflammé ce mardi, avec l’annonce de la convocation de Bougar Diouf, président de l’Union des Pan-Africains du Sénégal (UPS), devant la Sûreté Urbaine. Cette mesure fait suite à une plainte déposée par le maire de Dakar, Abass Fall, contre un article publié par le parti de M. Diouf dans la presse. L’audition est prévue pour demain, mercredi 10 décembre, à 10 heures du matin.
Selon un communiqué officiel diffusé par Bougar Diouf lui-même sur les réseaux sociaux, la convocation téléphonique émane directement de la Sûreté Urbaine et porte sur un contenu jugé diffamatoire ou inexact par le maire de Dakar.
Bougar Diouf, figure controversée de la scène politique sénégalaise et ancien membre de la coalition Diomaye Président, n’est pas à son coup d’essai en matière de démêlés judiciaires. En août dernier, il avait été placé en garde à vue à la Division Spéciale de Cybersécurité (DSC) pour diffusion de fausses nouvelles, suite à des publications sur Facebook accusant le Premier ministre Ousmane Sonko et d’autres personnalités d’impliquer des ethnies spécifiques dans le conflit en Casamance.
Ne se laissant pas faire, Bougar Diouf a annoncé dans son communiqué une contre-attaque juridique ferme. Il dénonce une “action juridique abusive” fondée sur un document issu d’une entité politique reconnue, et accuse le maire d’une “mise en cause individuelle injustifiée”, d’une “imputation d’identité erronée” et d’une “dénonciation inexacte” dirigée contre sa personne.
Ainsi, M. Diouf annonce déposer plainte à son tour contre Abass Fall pour ces motifs. “Je porte plainte contre Monsieur Abass Fall, Maire de la ville de Dakar”, conclut-il sobrement, signant en sa qualité de président de l’UPS. Cette escalade “plainte contre plainte” risque d’alimenter les débats sur la liberté d’expression en politique et l’usage des outils judiciaires dans les querelles partisanes.
Ramatoulaye Sow