L’accord de 2,2 milliards d’euros conclu entre le FMI et le gouvernement du Sénégal fait vivement réagir le monde économique. Ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahman Sarr s’est prononcé sur les conditions entourant la question de la dette.
« Au-delà des responsabilités concernant la dette cachée qu’il faudra élucider et qui sera une exigence du FMI pour la dérogation au misreporting, nous disons encore une fois que rien de durable ne peut se construire sur le mensonge et la dissimulation », a-t-il écrit sur sa page Facebook.
Selon l’économiste, l’État du Sénégal a montré ses limites face aux priorités de développement : « Le changement se fait avec du neuf et l’État sénégalais, dans son organisation actuelle, a montré ses limites. Rétablir les équilibres, économiser des charges d’intérêts et faire de la redistribution de ressources publiques ne changeront pas la réalité du pays. »
Il qualifie par ailleurs la situation actuelle de « non viable », soulignant que les autorités sénégalaises ont annoncé « leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de rétablir sa viabilité ».
Bien qu’il estime que le cadrage macroéconomique du Sénégal ne présentait pas de gap financier lors des deux dernières années, il nuance son propos en conclusion : un financement du FMI à des conditions favorables reste une bonne nouvelle, à condition qu’il ne détourne pas le pays de ses objectifs de transformation systémique portés par la Vision 2050 et le plan quinquennal.