La filialisation de la Senelec, annoncée par le ministre de l’Énergie Abdourahmane Diouf, suscite de vives inquiétudes chez l’ancien directeur général de Petrosen, Alioune Guèye. Dans un communiqué officiel, ce dernier interpelle les autorités sur les risques de cette réforme qui consiste, selon lui, à préparer la cession de parts de la société nationale.
Ce dossier stratégique, qui permettrait à l’État du Sénégal de scinder la Senelec, avait pourtant été mis de côté à l’époque par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko.
Cependant, il semble aujourd’hui de retour sur la table. Interrogé hier par la journaliste Fatou Abdou Ndiaye sur la restructuration de la dette, le ministre Abdourahmane Diouf a affiché l’ambition de l’exécutif de procéder à cette filialisation. Un projet qualifié de véritable danger par Alioune Guèye.
« Ce projet n’est pas né hier, je le lui accorde. Il avait été imposé au Sénégal dans le cadre du MCA (Millennium Challenge Account). Je m’y suis toujours opposé de l’intérieur. J’avais également alerté le Premier ministre d’alors, Ousmane Sonko, et fort heureusement, le dossier avait été rangé », a rappelé l’ancien dirigeant.
Il a ensuite tenu à clarifier les mécanismes de cette opération : « On nous explique que filialiser n’est pas privatiser. Sur le papier, non. Dans les faits, filialiser, c’est découper une entreprise en lots cessibles. Et un lot cessible finit toujours par être cédé le jour où l’État a besoin d’argent. »
Selon Alioune Guèye, cette méthode de division patrimoniale offre une trajectoire inévitable vers la privatisation dès que les finances publiques l’exigeront. « On sépare pour mieux gérer, puis l’exploitation part au privé. J’ai résisté pour que Petrosen ne passe pas à la trappe. Maintenant, la Senelec est le prochain bijou du Sénégal mis sur la table », a-t-il averti.