Fatima Mariame Fall, ancienne responsable commerciale du groupe immobilier Addoha Sénégal, comparaît devant la chambre de jugement du Pool Judiciaire Financier (PJF) pour des faits présumés d’escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux en écriture privée.
L’affaire, qui a éclaté en mars 2026, porte sur un préjudice initialement estimé à plus de 200 millions FCFA, qui a rapidement grimpé à plus de 500 millions FCFA après les constitutions de parties civiles de plusieurs clients. Certains médias et sources évoquent des montants encore plus élevés, allant jusqu’à 700 millions selon les plaintes accumulées.
Selon les éléments de l’enquête menée par la Brigade de recherches de Dakar, Fatima Mariame Fall aurait profité de sa position pour percevoir des paiements (espèces ou chèques) directement auprès de clients, en dehors des circuits bancaires officiels de l’entreprise. Elle aurait ensuite remis aux acheteurs des reçus ou justificatifs portant l’en-tête et le cachet d’Addoha, créant l’illusion de transactions régulières.
De nombreuses réservations se seraient révélées fictives ou partiellement enregistrées. Un client, par exemple, affirme avoir versé plus de 22 millions FCFA pour un appartement, dont seulement 6,5 millions ont été comptabilisés par l’entreprise. Un audit interne a mis en lumière des documents falsifiés.
L’affaire a débuté par une plainte d’Addoha déposée par son directeur régional, suivie d’une autre plainte d’un client Makhfou Ba. Après son interpellation le 18 mars 2026, Fatima Fall a été placée sous mandat de dépôt. D’autres victimes se sont manifestées par la suite.
Devant les enquêteurs, la mise en cause a reconnu avoir encaissé des fonds sans les reverser intégralement, des agissements qui auraient commencé en 2022. Elle a invoqué des difficultés personnelles, notamment les frais médicaux de son fils. Elle a également admis avoir utilisé une partie des sommes dans les jeux, fréquentant régulièrement le Casino du Port 3 à 5 fois par semaine selon le directeur de l’établissement.
Lors de l’audience du 23 avril 2026, elle a renforcé son équipe de défense Mes Abdy Nar Ndiaye, Alassane Cissé, Abou Abdoul Daff et Bamba Sylla. À la demande de ses avocats, le procès a été renvoyé au 7 mai 2026 pour les plaidoiries. Les intérêts d’Addoha sont défendus par Me Mamadou Seck.
Le Pool Judiciaire Financier, créé pour traiter les infractions économiques et financières complexes, suit cette affaire en procédure de flagrant délit.