L’homme d’affaires Tahirou Sarr a obtenu la liberté provisoire sous contrôle judiciaire, comme l’a annoncé son avocat, Me Baboucar Cissé, ce lundi. Cette mesure fait suite à l’examen de son pourvoi par la deuxième Chambre pénale de la Cour suprême, marquant un tournant dans une affaire judiciaire qui dure depuis près d’un an.
Tahirou Sarr, impliqué dans un dossier financier controversé opposant le député-maire des Agnams, Farba Ngom, à plusieurs prévenus, était détenu depuis le 28 février 2025. L’affaire, souvent qualifiée d' »affaire des 125 milliards » en référence à la somme en jeu (125 milliards de FCFA), porte sur des allégations de malversations financières révélées par un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).Tahirou Sarr avait été placé sous mandat de dépôt après une convocation au Pôle judiciaire financier (PJF), et avait proposé une caution record de 400 milliards de FCFA pour éviter la prison, une offre qui n’avait pas été acceptée à l’époque.
Au fil des mois, plusieurs demandes de mise en liberté provisoire de Tahirou Sarr avaient été rejetées par le Parquet de la Juridiction Financière, justifiant ces refus par des risques de fuite ou d’interférence avec l’enquête en cours. En juin 2025, une nouvelle requête avait été écartée, maintenant Tahirou Sarr en détention malgré les arguments de sa défense sur son état de santé et l’absence de preuves irréfutables. Parallèlement, d’autres protagonistes de l’affaire ont bénéficié de mesures similaires : en décembre 2025, Demba Ngom et Abdou Aziz Kane avaient été libérés sous contrôle judiciaire par la Chambre d’accusation, tandis que le colonel Cheikh Sarr avait obtenu une liberté provisoire plus tôt dans l’année.
Me Baboucar Cissé, conseil de Tahirou Sarr, s’est félicité de cette issue, qualifiant la décision de « juste et équilibrée » après des mois de procédure. « C’est une reconnaissance des droits de mon client à une défense équitable », a-t-il déclaré lors d’une brève allocution. Cependant, le contrôle judiciaire impose à Tahirou Sarr des restrictions strictes, telles que l’interdiction de quitter le territoire sénégalais et l’obligation de se présenter régulièrement aux autorités, pendant que l’instruction se poursuit.
Ce rebondissement pourrait influencer l’évolution du dossier, avec une audition décisive qui avait eu lieu en décembre 2025 au Pôle judiciaire financier. Les observateurs s’interrogent désormais sur les prochaines étapes : une libération définitive ou un procès en bonne et due forme ? L’affaire continue de susciter des débats sur la transparence financière et les liens entre monde des affaires et sphère politique au Sénégal.
Pour l’heure, Tahirou Sarr retrouve une liberté conditionnelle, mais le voile n’est pas encore levé sur les tenants et aboutissants de cette saga judiciaire qui a captivé l’opinion publique.
Ramatoulaye Sow