Dans une déclaration tranchante qui résonne comme un rappel à l’ordre au sein de la coalition au pouvoir, l’honorable député Guy Marius Sagna a publié un texte fort qui interroge la direction actuelle du projet politique ayant porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence. Un message qui refuse tout virage vers la « réconciliation » facile et qui réaffirme le socle sur lequel s’est construite la victoire historique de mars 2024.
« Si le candidat Bassirou Diomaye Faye avait battu campagne en 2024 en promettant des dialogues avec les oppresseurs du peuple sénégalais, une réconciliation avec les voleurs de deniers publics et voleurs de vies, personne n’aurait contribué financièrement à sa campagne, personne n’aurait battu campagne pour lui en plein Ramadan, personne n’aurait voté pour lui.
Personne ne serait allé en prison et ne serait mort pour ce projet qui n’est pas un projet de paix car ‘no justice no peace’.
Je pense comme celui qui a dit : ‘Si un jour je dois être sanctionné par les électeurs, je préfère que ça soit sur ma politique plutôt que sur l’abandon de ma politique.’ »
Avec ce post, Guy Marius Sagna, figure historique de la gauche panafricaine et anti-impérialiste, membre de la coalition qui a porté Diomaye et Sonko, tire la sonnette d’alarme. Il rappelle que la mobilisation populaire exceptionnelle les contributions financières citoyennes, les campagnes intenses pendant le Ramadan, les sacrifices (emprisonnements, deuils) n’était pas motivée par un discours de « paix » ou de compromis avec l’ancien système.
Le peuple sénégalais a voté massivement pour une rupture, pour la justice, pour la fin de l’impunité des « voleurs de deniers publics » et des oppresseurs. La formule « No justice, no peace » (Pas de justice, pas de paix), empruntée aux luttes sociales internationales, devient ici un principe cardinal de la nouvelle gouvernance.
Cette sortie intervient dans un moment où des discussions sur la réconciliation nationale, des dialogues avec d’anciens acteurs du régime Macky Sall ou des reports de certaines poursuites judiciaires refont surface. Guy Marius Sagna, connu pour sa constance et sa fermeté (il a longtemps dénoncé les détournements, notamment les 766 milliards du Plan décennal de lutte contre les inondations), refuse que la victoire soit diluée dans des compromis qui trahiraient l’esprit de la campagne.
Son message est aussi une posture philosophique et politique : mieux vaut être sanctionné par le peuple pour avoir tenu ses promesses que d’être « réélu » (ou maintenu) après avoir abandonné le projet originel.