L’organisation simultanée des élections locales et législatives fait peser un lourd soupçon de calcul politique sur les autorités, accusées de vouloir créer une confusion favorable au pouvoir en place. Face à cette situation, le chef de l’État est appelé à prendre le décret fixant officiellement la date des locales avant la fin du mois d’août 2026.
Élus le 23 janvier 2022 pour un mandat de cinq ans, les maires et présidents de conseils départementaux s’approchent du terme de leur exercice. Cette échéance intervient au moment où le président de la République a déjà saisi le Conseil constitutionnel afin de coupler les deux rendez-vous électoraux.
Face à cet acte, le président du parti Pastef/Les Patriotes, Ousmane Sonko, interrogé sur la question, avait alerté lors de son meeting à Koungheul sur la nécessité de respecter le calendrier électoral.
« Les élections ne peuvent pas être reportées. Il n’y a aucune raison valable pour qu’elles le soient », avait-il exigé.
S’agissant de l’opposition réunie autour des Forces pour la Defense de la Démocratie et de la République, l’objectif est d’aller vers un dialogue pour trouver un consensus.
« À l’évidence, le calendrier électoral est aujourd’hui largement compromis.Du fait de l’inertie probablement délibérée du gouvernement, il apparaît difficile d’organiser ces élections avant le 17 janvier 2027, date limite prévue par la loi électorale », déclare l’ex-ministre Oumar Sarr.
Selon l’article L.294 du Code électoral, le corps électoral doit être officiellement convoqué au plus tard le 26 août 2026. C’est-à-dire que, pour le respect du calendrier électoral, le chef de l’État doit impérativement publier le décret fixant la date du scrutin au moins 150 jours (environ 5 mois) avant sa tenue.
En résumé, l’histoire électorale et administrative démontre que le report des élections locales est une pratique récurrente, le plus souvent motivée à la fois par des réformes territoriales majeures et des calculs politiques.