Lors d’un entretien spécial consacré à l’actualité nationale, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, est longuement revenu sur la question de la déclaration de patrimoine, un sujet qui continue d’alimenter les débats politiques au Sénégal.
Le chef du Parlement a d’abord rappelé l’engagement initial de la rupture : le président de la République devait déclarer son patrimoine à l’entrée comme à la sortie de ses fonctions. « Le gouvernement a voulu l’élargir. Et nous avons même demandé de les élargir à tout le monde », a-t-il précisé.
Sur sa propre situation, Ousmane Sonko a été catégorique : « J’ai jamais raté ma déclaration. Je n’ai rien à cacher. » Il a souligné que l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) l’avait récemment inscrit parmi les responsables de l’Assemblée nationale ayant effectivement déposé leur dossier.
Concernant son patrimoine personnel, particulièrement scruté par ses détracteurs, le président de l’Assemblée nationale a donné des précisions. Selon ses déclarations, celui-ci se compose essentiellement de son salaire, de deux voitures et d’une maison qu’il dit avoir mutée (donnée) à sa famille. « Je lance un défi. Qu’ils sortent autre chose », a-t-il conclu, invitant ses critiques à produire d’éventuels éléments supplémentaires.
Sur le plan des réformes, Ousmane Sonko a plaidé pour une modification de la loi afin de permettre à l’OFNAC de publier les déclarations de patrimoine. Pour le chef de l’État, il estime qu’une révision de la Constitution reste nécessaire.
L’ancien Premier ministre a également évoqué la question des fonds spéciaux, s’opposant à une procédure qu’il juge trop lourde : « Sur les fonds spéciaux, ils ne doivent pas avoir de recours ni référendum. Cette question ne vaut pas 10 milliards pour aller en élection. »
Cet entretien intervient dans un contexte où la transparence du patrimoine des dirigeants reste un enjeu central du débat public, plusieurs semaines après la publication par l’OFNAC de la liste des assujettis ayant respecté leur obligation.
Avec ces précisions et ce défi lancé, Ousmane Sonko cherche clairement à refermer le chapitre des suspicions tout en maintenant la pression pour une plus grande transparence institutionnelle.