Au Sénégal, l’allocation des fonds politiques à la Primature a connu une évolution considérable. Entre 2012 et 2026, plus de 30 milliards de francs CFA ont été octroyés à l’institution, selon les révélations du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Lors d’un entretien avec la presse, Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour se prononcer sur les montants colossaux attribués aux différents chefs de gouvernement, depuis l’ère d’Abdoul Mbaye jusqu’à celle d’Ahmadou Al Aminou Lô, l’actuel Premier ministre du Sénégal.
« En 2012, ces fonds s’élevaient à 2,960 milliards de francs CFA, contre 1,930 milliard en 2013 et 540 millions en 2014. Par la suite, la dotation est remontée à 2,028 milliards, puis à 2,772 milliards en 2016. Elle est passée à 2,5 milliards en 2017, 2,120 milliards en 2018 et 2,060 milliards en 2019 », a détaillé Ousmane Sonko.
Sonko contre ses accusateurs
Accusé par le ministre Abdourahmane Diouf d’avoir fait usage de ces fonds politiques lorsqu’il était à la Primature, le leader de Pastef a lancé un défi à ses détracteurs. Il a fermement assuré n’avoir pas touché un seul centime, prenant à témoin le Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE).
« Ce n’est pas vrai. Le montant annuel de ces fonds spéciaux est de 1,7 milliard de francs CFA. Le reste n’est que de l’intoxication », a-t-il précisé.
Interrogé sur la gestion de cette enveloppe annuelle de 1,7 milliard, il a réaffirmé sa transparence tout en apportant des éclaircissements face aux remarques de l’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye concernant l’utilisation intégrale de la somme.
Le président de l’Assemblée nationale a conclu en rappelant que le contrôle parlementaire doit impérativement permettre de faire la lumière sur l’utilisation des ressources publiques, sans pour autant remettre en question l’existence même de ces fonds.
D’où vient l’argent ?
Ces fonds politiques (ou crédits spéciaux) alloués à la Primature sont votés par l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de finances initiale.
Intégrée au budget de l’institution, cette enveloppe de fonctionnement discrétionnaire est directement alimentée par les ressources publiques et les impôts des citoyens.
Néanmoins, ces crédits restent distincts de ceux de la Présidence de la République et disposent de leur propre enveloppe financière, gérée de manière autonome par les services du Premier ministre.