Lors de l’examen de la proposition de loi n° 33/2026 portant modification de l’article 37 de la Constitution, le député Djiby Ciss (groupe Pastef-Les Patriotes) a provoqué un véritable coup de tonnerre dans l’hémicycle. Dans une intervention musclée, il a non seulement annoncé son refus de voter le texte, mais a aussi critiqué ouvertement son propre groupe parlementaire et Ousmane Sonko, tout en demandant au président Bassirou Diomaye Faye de dissoudre l’Assemblée nationale.
Ce discours intervient dans un contexte de tensions institutionnelles croissantes entre le camp présidentiel et la majorité parlementaire dominée par Pastef .Djiby Ciss a justifié son opposition à la modification de l’article 37 (qui porte notamment sur la déclaration de patrimoine du président) et est allé plus loin. Il a critiqué la discipline de groupe et la ligne suivie par le leadership Pastef, tout en invitant explicitement le chef de l’État à dissoudre l’Assemblée.
Ce n’est pas un simple désaccord technique : c’est un signal politique fort de la part d’un élu issu de la majorité. Djiby Ciss, président du Groupe Solution Diass et investi par Pastef pour les législatives de 2024, n’est pas un figure de premier plan du parti, mais son intervention brise l’image d’unité que le groupe tente de maintenir. Quelques jours plus tôt, la députée Maïmouna Bousso avait encore rejeté les rumeurs de divisions, affirmant que les 130 députés se réclamaient de Pastef et que tout élu allant à l’encontre des directives du parti risquait de perdre son siège.
Ce discours « controversé » ravive le débat sur la nature de la majorité parlementaire et sur la capacité du président à gouverner sans majorité solide. Pour les partisans de Diomaye, c’est la preuve que l’Assemblée actuelle est devenue un outil de blocage. Pour les pastefiens, c’est au mieux une initiative individuelle, au pire une trahison passible de sanctions internes.
Quelle que soit la suite (sanctions du groupe, silence radio, ou effet d’entraînement), l’intervention de Djiby Ciss marque un moment rare : un député de la majorité qui, en pleine séance, appelle le président à mettre fin au mandat de l’Assemblée dont il est lui-même membre. Dans le climat politique sénégalais actuel, c’est plus qu’une surprise : c’est un symptôme des tensions qui minent les institutions depuis la rupture Diomaye-Sonko.