La brigade de gendarmerie de Ngor a interpellé une ressortissante nigériane, identifiée sous les initiales P. Ch. Ogbonna, poursuivie pour traite de personnes, proxénétisme et mise en danger de la vie d’autrui. L’affaire, révélée par le quotidien Libération, fait suite à la plainte d’une jeune compatriote de 17 ans, A. Mang.
Orpheline, A. Mang aurait été recrutée au Nigeria sous la promesse d’un emploi dans un magasin de vêtements. À son arrivée au Sénégal, la suspecte lui aurait réclamé le remboursement d’une somme de 3 millions de francs CFA, présentée comme les frais de son convoyage. Peu après, la grossesse de la mineure aurait été constatée.
Selon ses déclarations, rapportées par Libération, A. Mang affirme avoir ensuite été contrainte de se prostituer à Thiès puis à Dakar afin de rembourser cette dette. Elle déclare avoir subi des violences physiques, s’être vu confisquer ses documents de voyage et son téléphone lorsqu’elle tentait de s’opposer, et avoir été « presque séquestrée » le jour avant d’être envoyée dans la rue le soir.
Profitant d’une absence de la mise en cause, la jeune fille a réussi à s’enfuir et à se présenter à la brigade de Ngor pour dénoncer les faits. Interpellée, P. Ch. Ogbonna aurait reconnu une partie des accusations et sollicité la clémence de la justice. Elle aurait également affirmé avoir elle-même été victime, par le passé, d’un système similaire.
Cette affaire s’inscrit dans une série de démantèlements de réseaux d’exploitation sexuelle impliquant des ressortissantes nigérianes au Sénégal, où les victimes sont souvent attirées par de fausses promesses d’emploi avant d’être placées sous le joug d’une dette fictive. Les autorités poursuivent leurs investigations.
La victime, mineure et enceinte, a été prise en charge. L’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet.