L’accord avec le FMI, annoncé comme une restructuration plutôt qu’un redressement, suscite le scepticisme de l’opposition parlementaire, désormais majoritaire. Face à la presse, le député Ayib Daffé a exigé que le gouvernement apporte des réponses concrètes sur les exigences du plan de traitement de la dette imposé par l’exécutif.
« Toute la lumière doit être faite. Les responsabilités doivent être établies. Ceux dont les fautes seraient démontrées devront répondre de leurs actes. Et parallèlement, le Gouvernement devra expliquer au peuple sénégalais, en toute transparence, quel traitement de la dette il entend négocier, à quel prix et avec quelles garanties pour les populations », a-t-il déclaré.
Selon le parlementaire, les exigences fondamentales reposent sur la vérité de la dette, la responsabilité de ceux qui ont conduit le pays à cette situation, et la protection des Sénégalais dans le cadre de la restructuration.
« C’est à partir de là que le débat doit être posé devant les Sénégalais. Non pas dans le jargon des experts, mais autour de trois questions simples : comment notre pays en est-il arrivé là ? Qui porte la responsabilité de cette situation ? Et qui paiera le prix de la solution qui sera retenue ? » s’interroge Ayib Daffé.
Pour lui, l’annonce de cet accord comporte un enjeu politique et économique majeur.
Il explique : « Les autorités ont également fait connaître leur intention de solliciter un traitement de la dette afin d’en rétablir la viabilité. Il faut appeler les choses par leur nom : dès lors que les conditions initiales de remboursement sont modifiées, nous entrons dans une logique de restructuration de la dette. »
Pour rappel, le bulletin statistique publié en juillet 2026 évalue l’encours de la dette du secteur public à 25 583 milliards de francs CFA à la fin de l’année 2024.
La dette de l’administration centrale représente à elle seule 23 667 milliards de francs CFA, dont 16 894 milliards de dette extérieure. Pour l’année 2026, les documents budgétaires cités font apparaître un besoin brut de financement supérieur à 6 075 milliards de francs CFA.