L’inspectrice principale du Trésor Tabaski Ngom, déjà détenue depuis janvier 2025 dans le cadre d’une affaire financière devant le Pool judiciaire financier, se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. Le 4 septembre 2026, un article exclusif de Seneweb l’accusait d’avoir agressé physiquement sa codétenue A. Diatta, une jeune femme de 21 ans enceinte de huit mois, au Pavillon spécial de la Maison d’arrêt et de correction de Dakar.
Selon la version de l’administration pénitentiaire, les faits se seraient déroulés le 30 août 2026. La direction aurait décidé de transférer A. Diatta vers une autre chambre pour des raisons de sécurité. Tabaski Ngom, décrite comme ayant un « caractère querelleur », se serait opposée à ce transfert, aurait proféré des menaces, puis aurait projeté sa codétenue au sol avant de lui porter des coups. Elle se serait également rebellée contre l’officier de permanence et le chef de poste venus intervenir. La victime a été évacuée en urgence à l’Hôpital principal de Dakar. Un certificat médical a été établi, sans ITT définitive pour le moment, les médecins attendant des examens complémentaires liés à la grossesse.
Le 2 septembre 2026, sur instructions du parquet, Tabaski Ngom a été extraite et mise à la disposition du commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff. Elle devait répondre des faits de violences, en plus des chefs d’accusation déjà retenus contre elle (association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, détournement de deniers publics, accès frauduleux à un système informatique, etc.).
Quatre jours plus tard, le 8 septembre 2026, les avocats de Tabaski Ngom ont formellement et catégoriquement contesté cette version des faits. Dans une mise au point, ils rejettent la qualification d’« agresseuse » attribuée à leur cliente. Selon eux, c’est Tabaski Ngom elle-même qui a été confrontée à des provocations, des agressions verbales et des violences physiques auxquelles elle n’aurait jamais répondu.
Ils rappellent qu’elle avait, dès le 4 août 2026, dénoncé par écrit les agissements dont elle se disait victime dans sa cellule, et demandent à la Direction du Pavillon spécial de préciser les suites données à sa plainte contre A. Diatta, qu’elle accuse de l’avoir agressée physiquement devant témoins.
La défense s’étonne également de la gestion de la cellule : pourquoi une détenue précédemment retirée aurait-elle été réaffectée si Tabaski Ngom présentait réellement le comportement agressif qui lui est aujourd’hui reproché ? Les avocats insistent par ailleurs sur les relations qu’entretenait leur cliente avec la jeune femme : elle partageait ses repas, lui apportait son assistance et faisait preuve de « générosité et de compassion ».
Au-delà de l’incident, les conseils de Tabaski Ngom dénoncent une instruction qu’ils jugent inachevée depuis janvier 2025. Ils soulignent que leur cliente avait été la première à saisir la DIC d’une plainte visant deux de ses co-inculpés, et qu’ils ont demandé à plusieurs reprises des confrontations, le versement d’enregistrements audio et des réquisitions restées sans réponse.
Ils alertent aussi sur l’état de santé physique, psychologique et moral de leur cliente, qui se serait considérablement dégradé (hypertension artérielle sévère, insomnies, palpitations), justifiant son transfert au Pavillon spécial. Alors que certains co-inculpés ont obtenu une liberté provisoire, Tabaski Ngom reste incarcérée. La défense réclame des investigations médicales et psycho-psychiatriques approfondies, tout en rappelant le parcours de près de vingt ans de l’inspectrice au service de l’État.
Les avocats exigent désormais toute la lumière sur les événements du Pavillon spécial et une accélération des diligences d’instruction.