Le chef de l’État en plaçant ses hommes et en leur donnant les moyens d’agir, pense pouvoir consolider sa base politique et se préparer aux prochaines échéances de 2027. Cette analyse est faite par le professeur Moussa Diaw, qui pointe du doigt les risques liés à la stratégie de recrutement du président.
« Le président met ses hommes à la tête de ces institutions. Tout cela s’inscrit dans le sens de ses ambitions politiques. Car personne ne doute du rôle que jouent ces structures dans le maintien du clientélisme », a-t-il déclaré dans les colonnes du journal Yoor Yoor. Avant d’ajouter : « Il existe une forme de redistribution des ressources destinée à entretenir une clientèle politique. »
Selon l’universitaire, le risque pour le président est d’avoir nommé des personnes qui lui ont récemment fait allégeance. « On peut citer, par exemple, Babacar Abba Mbaye et Bara Gaye, ainsi que d’autres responsables nouvellement promus. Certains ont fait des déclarations de soutien et se retrouvent soudainement investis de responsabilités importantes », souligne-t-il.
Le retour de personnalités issues de l’ancien régime, notamment de l’APR, du PDS et du PS, pourrait aussi donner l’impression d’une reproduction des pratiques clientélistes que les Sénégalais avaient pourtant rejetées, explique-t-il.
Pour conclure, le Pr Diaw estime que les prochaines échéances électorales permettront de mesurer le degré d’adhésion ou de désapprobation à l’égard de la politique menée par Bassirou Diomaye Faye.