Dans un entretien exclusif accordé à RFI et France 24 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le président Bassirou Diomaye Faye a répondu aux rumeurs persistantes concernant une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation d’élections anticipées.
Interrogé sur le calendrier, le chef de l’État a été clair : « Nous ne sommes pas encore au 2 décembre, et il n’y a aucune fixation concernant la dissolution de l’Assemblée nationale ou l’organisation d’élections à telle ou telle date. »
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte institutionnel précis. L’actuelle Assemblée nationale, dominée par le Pastef d’Ousmane Sonko , a été élue en novembre 2024 et a installé son bureau le 2 décembre 2024. Selon l’article 87 de la Constitution, le président ne peut dissoudre le Parlement avant l’expiration des deux premières années de la législature. La date du 2 décembre 2026 marque donc le seuil à partir duquel une dissolution devient juridiquement possible.
Une fois prononcée, les élections législatives doivent être organisées dans un délai de 60 à 90 jours. Cela crée une tension avec le calendrier des élections territoriales (locales), prévues entre fin décembre 2026 et mi-janvier 2027. Un éventuel « couplage » des deux scrutins, évoqué par certains responsables, se heurte à ces délais légaux.
Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre en mai 2026 et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, les relations entre l’exécutif et la majorité parlementaire sont marquées par des divergences. Le Pastef contrôle le Parlement, tandis que le président a formé un nouveau gouvernement et lancé son propre parti, Kiiraay. Des déclarations de responsables proches du pouvoir ont alimenté les spéculations sur une dissolution dès le 2 décembre.
En niant toute « fixation » de date, Diomaye Faye semble vouloir désamorcer les tensions et éviter d’alimenter une escalade politique à quelques mois de l’échéance constitutionnelle. Il insiste sur le respect du calendrier institutionnel tout en laissant ouverte la possibilité d’une décision future, une fois le délai légal atteint.
Cette position prudente intervient alors que le Sénégal fait face à d’importants défis économiques (dette élevée, discussions avec le FMI) et que le pays prépare les échéances de 2027. Une dissolution, si elle intervenait, redonnerait la parole aux électeurs dans un contexte de cohabitation difficile entre le président et la majorité parlementaire.
Pour l’heure, le chef de l’État refuse de s’engager sur un calendrier précis. Le message est net : rien n’est décidé, et le 2 décembre n’est pas encore là.