Le président Bassirou Diomaye Faye a de nouveau apporté un soutien appuyé à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général des Nations unies. Dans un entretien exclusif accordé à RFI et France 24 en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, il a déclaré :
« Qui de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? »
Cette phrase, largement reprise, marque une continuité dans la position de Dakar depuis le mois de juillet 2026.
La candidature de Macky Sall (président du Sénégal de 2012 à 2024) avait d’abord été portée par le Burundi, alors président en exercice de l’Union africaine. Plusieurs pays africains, dont le Sénégal, avaient exprimé des réserves. Bassirou Diomaye Faye lui-même s’était montré prudent, estimant qu’une candidature de cette importance aurait dû faire l’objet d’une concertation préalable avec les autorités en place.
Tout a changé après la visite de Macky Sall à Dakar le 17 juillet 2026. Trois jours plus tard, le ministère des Affaires étrangères a annoncé que le président Faye avait décidé d’apporter « le plein soutien » du Sénégal à cette candidature. Il a instruit le gouvernement et l’ensemble du réseau diplomatique de se mobiliser pleinement pour la promouvoir. La candidature est désormais présentée comme « celle du Sénégal au service de l’Afrique et d’un multilatéralisme plus performant ».
Ce soutien intervient dans un paysage politique sénégalais profondément transformé. Bassirou Diomaye Faye a rompu avec son ancien Premier ministre et mentor Ousmane Sonko. Il a lancé son propre mouvement, Kiiraay, et doit composer avec une Assemblée nationale dominée par le Pastef. Dans ce contexte, l’appui à Macky Sall est interprété par certains observateurs comme un signal d’ouverture vers d’autres forces politiques et un moyen de renforcer la position internationale du Sénégal.
Macky Sall, de son côté, multiplie les consultations diplomatiques. Sa candidature reste cependant contestée : certains lui reprochent la gestion de la période 2021-2024, marquée par des manifestations meurtrières et une tentative de report de l’élection présidentielle. Les straw polls (votes indicatifs) au Conseil de sécurité ont donné des résultats mitigés, avec un recul constaté en septembre 2026.
Au-delà des calculs nationaux, Bassirou Diomaye Faye inscrit son soutien dans une logique plus large : celle de la représentation de l’Afrique dans les instances internationales. En mettant en avant l’expérience de Macky Sall (ancien président de l’Union africaine, acteur de plusieurs sommets internationaux), le chef de l’État sénégalais plaide pour une voix africaine plus audible à la tête de l’ONU.
Le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre 2026. La course reste ouverte entre plusieurs candidats, dont d’anciens dirigeants latino-américains et des diplomates. Le soutien officiel du Sénégal, pays d’origine de Macky Sall, constitue un atout diplomatique non négligeable, même s’il n’est pas déterminant à lui seul.
En défendant publiquement et avec force la candidature de celui qu’il a combattu politiquement, Bassirou Diomaye Faye envoie un signal : les clivages nationaux ne doivent pas empêcher le Sénégal de porter une candidature africaine de poids. Reste à savoir si ce soutien se traduira par une mobilisation diplomatique concrète et durable, et s’il contribuera réellement à renforcer la place de l’Afrique au sein de l’Organisation des Nations unies.
L’entretien de New York confirme en tout cas une ligne claire : pour le président , Macky Sall reste, aujourd’hui, le meilleur avocat possible de cette cause.