L’Assemblée nationale va examiner le protocole d’accord sanitaire de 54 milliards de FCFA entre le Sénégal et les États-Unis pour clarifier la question de la protection des données personnelles.
Lors de l’ouverture de la session ordinaire unique 2026-2027, Ousmane Sonko a annoncé le dépôt de propositions de résolution visant à mettre en place cinq commissions d’enquête parlementaires sur des dossiers d’intérêt public. L’un de ces dossiers porte spécifiquement sur la sécurisation des données personnelles nationales, dans le cadre du protocole d’accord signé le 13 mars 2026 entre le ministère de la Santé et les États-Unis.
Selon le site de l’ambassade des États-Unis à Dakar : « Le gouvernement du Sénégal s’est engagé à co-investir 27,3 millions de dollars (soit 16,3 milliards de FCFA) en nouveaux financements pour la santé sur une période de cinq ans à travers ce protocole d’accord. Le pays assume ainsi une plus grande responsabilité vis-à-vis des services essentiels et renforce ses systèmes d’approvisionnement, ses ressources humaines ainsi que sa santé numérique. »
Une zone d’ombre persistance
Si la santé numérique promet d’améliorer le suivi des patients, son déploiement s’accompagne de risques majeurs pour la sécurité des données, notamment en raison de la circulation massive des dossiers médicaux partagés.
À cela s’ajoute l’absence de cadres réglementaires locaux stricts ou de serveurs nationaux sécurisés. Cette carence pose un défi de taille pour la protection de la vie privée face aux géants de la technologie et aux fournisseurs d’infrastructures étrangers. Aujourd’hui, l’exploitation de ces données sensibles pourrait même influencer les politiques de tarification des assurances santé professionnelles, une menace particulièrement lourde pour les pays les moins avancés (PMA).
Signé à l’origine par la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis, Jennifer Davis Paguada, et le ministre sénégalais de la Santé et de l’Action sociale, le Dr Ibrahima Sy, ce protocole d’accord va désormais être passé au peigne fin par les députés.