L’avocat et enseignant-chercheur sénégalais Me Patrick Kabou prend les rênes du Collectif africain pour la paix (CAP). Son élection, intervenue samedi à Dakar, ouvre une nouvelle étape pour cette organisation panafricaine engagée dans la prévention et la résolution des conflits sur le continent.
Le Collectif africain pour la paix (CAP) a renouvelé ses instances dirigeantes à l’occasion de sa troisième Assemblée générale, tenue samedi à Dakar. À l’issue de ces assises, Me Patrick Kabou a été élu président de l’organisation, succédant ainsi à l’équipe dirigeante sortante.
Créé en 2019 à Toulouse, en France, le CAP rassemble des universitaires et des acteurs de la société civile autour des enjeux de prévention des crises, de médiation et de transformation des conflits en Afrique.
Dès sa prise de fonction, le nouveau président a affiché sa volonté de renforcer le positionnement du collectif dans le paysage africain de la consolidation de la paix. Il entend notamment doter l’organisation d’une orientation stratégique structurée et en faire un cadre de référence dans le domaine de la gestion des conflits.
Une feuille de route axée sur la reconnaissance et l’action
Parmi les premières priorités annoncées par Me Patrick Kabou figure l’obtention du statut légal et de la reconnaissance officielle du CAP au Sénégal. Cette étape doit permettre à l’organisation de consolider son implantation et de disposer d’un cadre institutionnel adapté à ses ambitions.
Le nouveau bureau prévoit également de mettre en place un plan d’action sur trois ans, articulé autour de la recherche, de la formation et du plaidoyer en faveur de la paix.
Pour renforcer sa présence à l’échelle continentale, le collectif envisage par ailleurs de désigner des points focaux dans plusieurs pays africains et de développer ses mécanismes de médiation.
La stratégie annoncée prévoit aussi la conclusion de partenariats avec des institutions régionales et continentales, notamment l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et l’Union africaine.
Un bilan marqué par la formation universitaire
La rencontre a également été l’occasion de présenter le bilan des activités du CAP. Le professeur Abdoulaye Niang a ainsi exposé les réalisations de l’organisation, notamment dans le domaine académique.
Le collectif met particulièrement en avant sa contribution à la création d’un diplôme universitaire consacré à la médiation, au dialogue social et au règlement des conflits en Afrique. Cette formation est développée en partenariat avec l’Université Toulouse Capitole, l’ICAGI et l’Université Kocc Barma de Saint-Louis.
À travers cette initiative, le CAP entend contribuer au renforcement des compétences des acteurs appelés à intervenir dans la prévention des tensions et le règlement pacifique des différends.
La nouvelle équipe dirigeante souhaite poursuivre cette dynamique en préservant l’indépendance et la crédibilité de l’organisation au sein de la société civile africaine. L’ambition affichée est de contribuer à la construction d’un continent davantage préparé à prévenir les crises et à promouvoir des mécanismes durables de paix.
L’ouverture officielle de l’Assemblée générale a été assurée par Mactar Sakho, secrétaire général de la Médiature de la République, représentant le Médiateur de la République, Demba Kandji. Il a salué la tenue de ces assises ainsi que le renouvellement des instances du collectif.