C’est sa marque de fabrique. En politique, il sait s’adapter à toutes les situations. D’Abdoulaye Wade à Macky Sall, et aujourd’hui à travers une tentative de séduction de Bassirou Diomaye Faye, Idrissa Seck semble vouloir se repositionner au sein de l’opposition tout en espérant, secrètement, devenir la nouvelle recrue de la mouvance présidentielle en cas de remaniement.
Après sa défaite à la présidentielle de 2024, le président du parti Rewmi, entouré d’anciens libéraux et d’alliés de l’APR, a refait surface ce mardi lors d’un point de presse. Comme à son accoutumée, il s’est fendu d’un discours fait d’insinuations sans véritablement trancher.
S’il réaffirme son ancrage dans l’opposition, son discours de « renaissance » est largement perçu comme un clin d’œil au pouvoir en place. Une méthode qu’il maîtrise à la perfection lorsqu’il s’agit de charmer ses adversaires ou de futurs collaborateurs.
« Ce qui me trotte dans la tête et que je tiens à partager avec les Sénégalais, c’est de ne jamais croire que l’espoir est mort. Il y a des fils et des filles du Sénégal qui sont capables d’apporter des solutions », a-t-il lancé, en citant le Premier ministre Al Amine Lo.
Idy : le prix de choix stratégiques contestés
Si l’ancien maire de Thiès n’a jamais réussi à accéder à la magistrature suprême, c’est en partie à cause de choix politiques controversés, qui ont fini par entacher sa posture d’homme de principes et de valeurs.
Au cours de sa carrière, Idrissa Seck s’est allié ou est retourné travailler avec les anciens présidents Abdoulaye Wade et Macky Sall à quatre reprises majeures (deux fois avec Wade, deux fois avec Sall). Des revirements stratégiques qui ont fini par lui porter préjudice auprès de l’électorat.
En septembre 2024, le parti d’Idrissa Seck (Rewmi) a d’ailleurs rejoint l’APR de Macky Sall et le PDS de la famille Wade au sein d’une seule et grande coalition de l’opposition, baptisée Takku Wallu Sénégal, en vue des élections législatives.
Aujourd’hui, face à cette nouvelle configuration politique, l’ancien Premier ministre tente d’ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière. Une énième « renaissance » qui s’annonce toutefois difficile, voire vouée à l’échec, tant l’homme semble avoir perdu sa capacité de mobilisation.