L’Agent judiciaire de l’État a transmis au Pool judiciaire financier (PJF) le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) portant sur la gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ce nouveau rebondissement pourrait mener à la convocation de l’actuelle Haute représentante du président de la République devant la justice.
L’existence de ce rapport est apparue dans le débat public depuis janvier 2023. Déjà le 4 janvier 2023, Aminata Touré, à travers un communiqué, dénonçait de « fausses informations » visant à ternir son honorabilité. Elle appelait l’IGE à procéder à une audition publique des trois derniers présidents du CESE : Mme Aminata Tall, elle-même et Idrissa Seck, alors encore en fonction, afin de démontrer la régularité de sa gestion.
Le débat est revenu sur le devant de la scène le 8 novembre dernier, lors d’un meeting du parti Pastef au parking du stade Léopold Sédar Senghor. Le Premier ministre avait alors affirmé avoir demandé au président de la République de déclassifier le rapport de l’IGE, lequel aurait épinglé une alliée du gouvernement qui, selon lui, aurait dû être démise de ses fonctions pour manque de probité.
Les tensions politiques qui ont suivi ont conduit une délégation du Bureau politique national de Pastef à rencontrer le chef de l’État. Il a été rapporté que, durant ces échanges, Bassirou Diomaye Faye aurait indiqué que le rapport avait été commandé sous Macky Sall, avant d’ajouter : « Mais on verra ».
La transmission du dossier au PJF a néanmoins suscité des interrogations quant à la compétence de cette juridiction à se saisir de l’affaire. Contacté par la rédaction de Xalaat TV, le juriste Papa Ahmadou Mbaye a tenu à apporter des éclaircissements : « Le PJF est bien en mesure de se prononcer sur cette affaire. Aminata Touré n’a pas été épinglée en tant que ministre dans l’exercice de ses fonctions. Si tel était le cas, seule la Haute Cour de justice serait compétente. Dans la situation actuelle, elle était présidente du CESE au moment des faits. le PJF est bel et bien compétent à se saisir du dossier», a-t-il expliqué.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se montrent sceptiques. Certains y voient une tentative de blanchir Aminata Touré et de discréditer Ousmane Sonko, qui a remis le sujet au centre de l’espace public. Ces réactions témoignent également de la perception actuelle d’une partie des Sénégalais quant au fonctionnement de la justice, jugée parfois complaisante envers certains proches du pouvoir.
Que nous réserve véritablement le dossier Aminata Touré ? Sera-t-elle suspendue le temps de prouver son innocence ? En cas de condamnation, perdra-t-elle la confiance du président de la République, qui lui a confié la restructuration de la coalition Diomaye Président ?
L’avenir nous en dira plus.