Dans le paysage politique sénégalais, marqué par des alliances éphémères et des ambitions dévorantes, la Coalition Diomaye émerge comme un sujet de controverse brûlant. Née des cendres du parti Pastef, dissous sous l’ancien régime, cette coalition était initialement conçue comme un véhicule électoral pour porter Bassirou Diomaye Faye à la présidence en 2024. Mais aujourd’hui, en mars 2026, elle semble se transformer en un monstre hybride, recyclant des figures du « système » que les Sénégalais ont tant rejeté. Indésirable pour beaucoup, presque bannie par l’opinion publique, elle cristallise les frustrations d’un peuple qui espérait un vrai rupture. Et au centre de ce tourbillon ? Un président Faye qui joue la montre, muet comme une tombe, ni affirmant ni démentant son implication, tandis que sa « superviseure » Aminata « Mimi » Touré annonce des assemblées générales pour ce samedi 7 mars. Du bruit pour rien ? Ou le prélude à une prise de pouvoir assumée ? Laissons le temps faire son œuvre, mais analysons les faits.
Rappelons les origines : lorsque Pastef, le parti fondé par Ousmane Sonko, a été dissous en 2023, la Coalition Diomaye Président a vu le jour comme une nécessité tactique. Elle a permis à Bassirou Diomaye Faye, désigné candidat par Ousmane Sonko, de remporter l’élection présidentielle en mars 2024, marquant un vent de fraîcheur démocratique après la crise constitutionnelle sous Macky Sall. Mais depuis, les choses ont dégénéré. Fin 2025, Bassirou Diomaye Faye a entrepris une restructuration controversée : il a limogé Aïda Mbodj de la tête de la coalition et l’a remplacée par Mimi Touré, ancienne superviseure de sa campagne, pour piloter le processus. Cette décision a provoqué un séisme au sein de Pastef, avec des accusations de trahison et de division. Le parti, toujours loyal à Ousmane Sonko (désormais Premier ministre), a rejeté cette nomination, voyant en elle une tentative de Bassirou Diomaye Faye de s’émanciper et de consolider son pouvoir personnel.
Ce qui irrite le plus, c’est ce recyclage apparent des « gens du système ». La coalition, autrefois symbole de renouveau, intègre désormais des figures opportunistes, des ex-alliés de l’ancien régime ou des politiciens en quête de postes. Partout au Sénégal, les critiques fusent : des patriotes accusent le Président Faye de trahir les valeurs de Pastef en étendant la coalition à des « racaille de l’opposition » pour gagner des communes, manquant de légitimité. D’autres dénoncent des vagues de démissions au sein de Pastef, où des membres opportunistes sautent le pas pour rejoindre Diomaye, profitant de la crise pour avancer leurs pions. Et Faye lui-même ? Dans des rencontres avec des coordinateurs départementaux, il se présente encore comme « membre de Pastef », tout en poussant pour élargir la coalition un double discours qui frise l’hypocrisie. Pire, il refuse de dissoudre l’entité, arguant que Pastef était dissous à sa création, ignorant que cette coalition n’était qu’un outil temporaire pour soutenir le candidat de Pastef.
Les Sénégalais, eux, ne s’y trompent pas. Cette coalition est indésirée, à la limite du bannissement populaire. Des posts virulents la qualifient de « move » révélant les opportunistes sans conviction au sein de Pastef, rendant service à Ousmane Sonko en clarifiant les lignes. D’autres se demandent ce qui a changé chez Bassirou Diomaye Faye, cet homme autrefois froid et engagé, défenseur du projet Pastef, aujourd’hui accusé de corrompre députés et maires pour préparer les locales de 2027 et les présidentielles de 2029 sous la bannière Diomaye, avec Mimi à la manœuvre. Mimi Touré, fidèle à son rôle, accélère le rythme : elle a dévoilé un plan stratégique en deux phases pour renforcer la coalition, et annonce ces assemblées générales du 7 mars comme un moment décisif. Selon les rumeurs, le président Bassirou Diomaye Faye pourrait enfin assumer publiquement son leadership beaucoup de bruit autour de cela, mais pour l’instant, c’est le silence radio du palais.
En fin de compte, cette saga révèle les fissures d’un pouvoir jeune mais déjà usé par les egos. Bassirou Diomaye Faye, méconnaissable par certains, risque de diluer le rêve de rupture que portait Pastef. Les Sénégalais méritent mieux qu’un recyclage des vieilles pratiques. Laissons le temps juger : si Diomaye Faye assume lors de ces assemblées, ce sera peut-être le début d’une clarification. Sinon, cette coalition pourrait bien s’éteindre dans l’indifférence générale, laissant Pastef comme le vrai pilier du changement.