Depuis plusieurs jours, les rangs du Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) sont secoués par une vague de démissions. Des cadres et responsables, notamment au sein de la Jeunesse patriote sénégalaise, quittent le parti fondé et dirigé par Ousmane Sonko pour se rapprocher du camp du président Bassirou Diomaye Faye. Ce dernier a officialisé la création de sa propre formation politique.
Ce samedi 25 juillet 2026, en tournée à Khombole pour la vente de cartes de membre, le président de Pastef et président de l’Assemblée nationale a réagi de manière ferme. Devant ses militants, Ousmane Sonko a appelé à cesser de commenter et de médiatiser ces départs.
« Quand quelqu’un qui avait choisi d’intégrer Pastef décide de partir, souhaitons-lui bon vent. Ce n’est pas la peine d’en parler et de s’y focaliser comme si ce départ faisait mal. Donc beugatouma kou commenter déparou Ken (je ne veux plus que les départs soient commentés) », a-t-il déclaré.
Le leader a rappelé que le Sénégal est une démocratie où chacun dispose de la liberté d’opinion et d’association. Selon lui, les adhésions au Pastef restent bien plus nombreuses que les départs, et ces mouvements n’affaiblissent en rien le parti. Il a également critiqué l’attitude de certains militants, qu’il a qualifiée d’« immaturité » : en commentant le départ de personnes parfois peu connues, on leur donne une visibilité qu’ils n’auraient pas eue autrement. « Cela doit s’arrêter », a-t-il insisté.
Le message de Khombole s’inscrit dans une stratégie de maintien de la cohésion interne : ne pas amplifier les départs, recentrer l’attention sur le travail militant et la dynamique d’adhésion, et présenter ces mouvements comme un phénomène normal de la vie démocratique.
Le divorce entre les deux hommes forts du régime marque un tournant dont les conséquences se feront sentir dans les prochains mois, notamment à l’approche des échéances électorales locales et législatives.