Trois militants pro-Pastef, Lamignou Darou , Oustaz Thiep et Ndiaye Touba, ont été déférés ce jeudi 30 juillet 2026 au parquet de Dakar. Cette décision intervient à l’issue d’une garde à vue prolongée à la Division spéciale de cybersécurité (DSC).
Ils sont poursuivis pour des faits présumés d’offense au chef de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye.
Les trois hommes ont été interpellés lundi 27 juillet dans les locaux de Feeñal Digital, un média en ligne présenté comme favorable à Ousmane Sonko et au mouvement Pastef-Les Patriotes. Selon plusieurs sources, dont des déclarations de responsables de la plateforme, l’opération a été menée par des agents de la DSC.
L’affaire trouve son origine dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence, les trois militants prononcent des prières et des déclarations contre une personne non nommée. Ces propos ont été interprétés par les autorités et une partie de l’opinion comme visant directement le président Diomaye Faye, avec des souhaits de « graves malheurs ».
Les enquêteurs ont examiné la diffusion de cette vidéo et la portée des propos tenus, susceptibles de constituer une infraction d’offense au chef de l’État.
Cette affaire s’inscrit dans un climat de tensions politiques marquées. Elle intervient alors que des divergences profondes se sont installées entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien camp, après la création de son nouveau parti, KIIRAAY. Les trois interpellés sont connus pour leur engagement militant en faveur de Pastef et collaborent régulièrement avec Feeñal Digital.
À ce stade, les détails précis des charges retenues par le parquet n’ont pas encore été officiellement communiqués au-delà de la qualification d’offense au chef de l’État. Les investigations se poursuivent.
Après plusieurs jours de garde à vue à la DSC, les trois hommes ont été présentés aux autorités judiciaires ce jeudi. Le parquet de Dakar doit désormais décider de la suite à donner à la procédure : poursuite éventuelle, mise en liberté sous contrôle judiciaire ou détention provisoire.
L’affaire suscite déjà des réactions contrastées sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques, illustrant une nouvelle fois les tensions autour de la liberté d’expression et des limites de la critique politique au Sénégal.