L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (And Gueusseum) dresse un bilan positif de la première journée de sa grève totale de 48 heures, déclenchée les jeudi 13 et vendredi 14 août 2026. Dans son communiqué de grève n°12, le Directoire national affirme que le mot d’ordre a été largement suivi à travers le pays, avec un taux de participation oscillant entre 80 % et 100 % selon les départements et régions.
Malgré les réquisitions, les pressions et les mesures de substitution signalées dans certaines structures sanitaires, le syndicat estime que la mobilisation des travailleurs de la santé reste massive. À Dakar notamment, les services d’urgence ont été maintenus dans plusieurs établissements grâce à la mobilisation de médecins et d’étudiants en spécialisation. Pour And Gueusseum, ces dispositifs ponctuels ne sauraient masquer l’ampleur du mouvement.
Cette grève s’inscrit dans le 13e plan d’actions de l’organisation syndicale. Depuis plusieurs mois, And Gueusseum multiplie les mobilisations pour exiger l’application effective des accords résiduels signés avec le gouvernement. Parmi les principales revendications figurent :
- le versement de l’indemnité de logement aux agents contractuels du ministère de la Santé et des établissements publics de santé ;
- l’extension de cette indemnité aux personnels des collectivités territoriales ;
- l’achèvement de la mise en œuvre de la Fonction publique territoriale ;
- la finalisation des plans de carrière ;
- l’attribution des parcelles promises dans le cadre du programme de logements sociaux SUTSAS-NAMORA.
Le syndicat dénonce une « inertie persistante » des autorités et estime que le non-respect de ces engagements porte atteinte à la crédibilité de la parole de l’État et fragilise le dialogue social.
En plus de la grève totale sans service minimum (hors urgences, selon les autorités), And Gueusseum a instauré depuis le 10 août une rétention des données sanitaires et sociales sur l’ensemble du territoire. Les agents continuent de collecter les informations de routine, mais suspendent leur transmission vers les niveaux hiérarchiques (districts, départements, régions). Cette mesure, qui reste en vigueur « jusqu’à nouvel ordre », vise à intensifier la pression sur le gouvernement.
Le Directoire appelle par ailleurs à la vigilance quant aux conditions dans lesquelles certaines prestations médicales sont assurées pendant la grève, insistantant sur le respect des exigences de compétence, de qualification et de sécurité.
And Gueusseum affirme rester disponible pour un dialogue social « sérieux, sincère, responsable et constructif ». Cette ouverture ne signifie toutefois pas un abandon des revendications. Le syndicat appelle le gouvernement à « prendre ses responsabilités » et à procéder à l’application effective des engagements pris.
Le bras de fer se poursuit donc dans le secteur de la santé. Alors que la grève entre dans sa deuxième journée, And Gueusseum maintient la pression et prévient : la mobilisation continue.