Alors que l’Assemblée nationale examine ce mardi 18 août 2026 les projets de loi portant Code du travail et Code de la sécurité sociale, le député Pastef Amadou Bâ a vivement dénoncé la faible mobilisation des parlementaires de l’opposition. Pour lui, ces textes essentiels, qui touchent directement les conditions de travail, la protection sociale et les droits quotidiens des Sénégalais, ne semblent pas susciter l’intérêt de certains leaders de l’opposition.
« Les lois à caractère économique et social ne les intéressent pas », a-t-il déclaré. Selon le député, certains responsables politiques ne se déplacent à l’hémicycle que lorsque les dossiers présentent une forte dimension politique ou médiatique. Il a pointé du doigt une Assemblée nationale « quasi vide » au moment où sont débattus des textes qui concernent la vie des travailleurs et des familles sénégalaises.
Pour Amadou Bâ, cette situation soulève une question de responsabilité politique. Les parlementaires, quelle que soit leur appartenance, ont vocation à participer aux débats et à contribuer à l’élaboration des lois, particulièrement sur des sujets à forts enjeux économiques et sociaux. Il a appelé les Sénégalais à être plus attentifs à l’assiduité de leurs représentants : « Les Sénégalais doivent comprendre qu’il faut dénoncer les responsables politiques qui ne viennent que quand les caméras sont nombreuses. » À travers cette intervention, le député de Thiès entend remettre au centre du débat la présence effective des élus dans l’hémicycle et, plus largement, leur responsabilité dans l’exercice du mandat parlementaire.
Ces projets de loi constituent une actualisation importante du cadre juridique sénégalais, près de trois décennies après le Code du travail de 1997. Le texte modernise notamment le droit du travail face aux évolutions du numérique et de l’économie. Il introduit un cadre clair pour le télétravail (prise en charge des équipements par l’employeur, protection des données et de la vie privée), simplifie les formalités administratives via le numérique et vise à mieux intégrer les travailleurs de l’économie informelle, les employés de maison et les agents de santé communautaire.
Parmi les avancées soulignées figurent le renforcement de la protection contre la violence et le harcèlement, l’extension du congé de maternité à dix-huit semaines, un meilleur encadrement du placement des travailleurs sénégalais à l’étranger, l’institution du plan social comme alternative au licenciement économique, et le renforcement des pouvoirs de l’Inspection du travail. Du côté de la sécurité sociale, la réforme vise à étendre la couverture aux travailleurs indépendants et au secteur informel, à instaurer une pension d’invalidité et à garantir les droits à la retraite même en cas de défaut de cotisations de l’employeur.
Le Syndicat des Inspecteurs et Contrôleurs du Travail et de la Sécurité sociale (SICTRASS) a d’ailleurs défendu ces textes, estimant qu’ils constituent « un véritable facteur de progrès social » et rejetant les critiques qui les présentent comme une régression. Des points de débat subsistent toutefois, notamment autour de la durée des contrats à durée déterminée (CDD), même si un amendement a récemment ramené certaines dispositions vers l’économie du code de 1997.