Nouveau développement dans l’affaire du double meurtre d’Abdoul Aziz Ba, dit Aziz Dabala, et de Boubacar Gano, alias Waly. Marième Lèye, plus connue sous le nom de Nabou Lèye, a été convoquée ce vendredi 28 août 2026 par le juge d’instruction du 1er cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye pour une nouvelle audition sur le fond.
La danseuse et comédienne, détenue depuis août 2024 avec une période de contrôle judiciaire révoquée en décembre 2025, est poursuivie pour association de malfaiteurs, complicité d’assassinat et actes de barbarie. Elle conteste fermement toute implication dans les faits.
Les corps sans vie d’Aziz Dabala, danseur reconnu, et de son proche Boubacar Gano, dit Waly, ont été découverts le 19 août 2024 dans leur appartement situé à Pikine Technopole. L’enquête, confiée à la Division des investigations criminelles (DIC), a rapidement abouti à l’interpellation de plusieurs suspects, parmi lesquels Mamadou Lamine Diaw, alias Modou Lo (présenté comme le principal mis en cause), ainsi que Nabou Lèye et d’autres personnes.
Les versions se sont multipliées au fil de l’instruction. Initialement, Modou Lo aurait revendiqué avoir agi seul. Il est ensuite revenu sur ses déclarations, mettant en cause Nabou Lèye et le chanteur Tarba Mbaye, qu’il présente comme les commanditaires du crime. Selon cette version, le mobile serait lié à des « vidéos compromettantes » qu’aurait détenues Aziz Dabala. Nabou Lèye a toujours nié ces accusations, affirmant notamment : « Je n’y suis pour rien. Je n’ai pas tué et je ne sais pas qui a tué. »
Les analyses ADN effectuées sur la scène de crime auraient, selon des informations de presse, écarté la présence de Nabou Lèye et de Tarba Mbaye sur les lieux, ne retenant de correspondance claire qu’avec le profil de Modou Lo, en plus de ceux des victimes et d’un profil non identifié.
Sur la base de ces éléments et du long délai de détention provisoire, les avocats de Nabou Lèye ont multiplié les démarches. Ils ont notamment demandé une assignation à résidence avec surveillance électronique le 22 juin 2026. Face au silence du doyen des juges d’instruction, ils ont saisi la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar d’une demande de libération d’office. Cette requête a été rejetée le 20 août 2026.
Cette nouvelle audition au fond s’inscrit dans la poursuite de l’instruction, marquée par des confrontations, des prélèvements ADN et des versions contradictoires. L’affaire, qui a fortement ému l’opinion publique sénégalaise, reste suivie de près.
Nabou Lèye continue de clamer son innocence. L’issue de cette audition et la suite de la procédure seront déterminantes pour l’avenir judiciaire de la mise en cause et des autres protagonistes du dossier.