Une confusion de dépouilles à la morgue de l’hôpital régional de Saint-Louis plonge une famille dans la consternation et soulève de graves interrogations sur les procédures d’identification et de remise des corps.
Ousmane Marie Ndiaye, disparu le 31 août 2026, a été retrouvé sans vie dans le fleuve à Saint-Louis. Sa dépouille a été déposée à la morgue de l’hôpital régional. Selon Moussa Fall, oncle du défunt et gendarme à la retraite, un membre de la famille s’y est rendu et a formellement reconnu le corps.
Pourtant, au moment du retrait, une erreur présumée aurait été commise. Deux corps se trouvaient alors à la morgue : celui d’Ousmane Marie Ndiaye et celui de Baba Tanga Samake, un ressortissant malien, lui aussi décédé par noyade.
Ndiaga Diop, domicilié à Ravette et employeur de Baba Tanga Samake, s’est présenté pour récupérer la dépouille de son employé. D’après les déclarations de la famille Ndiaye, le personnel de la morgue lui aurait remis par erreur le corps d’Ousmane Marie Ndiaye. Après s’être acquitté d’une somme de 17 500 francs CFA, Ndiaga Diop serait reparti avec cette dépouille.
Le corps d’Ousmane Marie Ndiaye aurait ensuite été transporté à Ravette, où il a été inhumé sans la présence de sa famille biologique.
« Nous avons le cœur lourd. Nous sommes profondément choqués. Notre neveu a été inhumé sans ses parents, sans que sa famille puisse l’accompagner dignement jusqu’à sa dernière demeure », dénonce Moussa Fall.
La situation est d’autant plus difficile à accepter que le grand frère du défunt avait pourtant identifié le corps à la morgue. Pendant ce temps, la dépouille de Baba Tanga Samake serait toujours conservée à la morgue de l’hôpital régional de Saint-Louis.
Pour la famille, il ne s’agit plus d’une simple erreur administrative. Elle parle de « faute lourde » et exige que toute la lumière soit faite :
- Qui a autorisé la remise du corps ?
- Comment l’identification a-t-elle été effectuée ?
- Pourquoi le corps d’Ousmane Marie Ndiaye a-t-il pu sortir de la morgue alors qu’il ne correspondait pas à l’identité de la personne venue le récupérer ?
« Nous dénonçons cette faute lourde et demandons que justice soit faite. Nous voulons savoir exactement ce qui s’est passé et que les responsabilités soient situées », insiste Moussa Fall.
Cette affaire interpelle sur les procédures en vigueur à la morgue de l’hôpital régional de Saint-Louis, déjà régulièrement au centre de polémiques concernant ses capacités et son fonctionnement. Les proches d’Ousmane Marie Ndiaye attendent désormais une intervention des autorités compétentes pour que les circonstances de cette confusion soient clairement établies et que, le cas échéant, les responsables répondent de leurs actes.