Le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 met en lumière l’impact massif de la hausse des coûts de l’énergie sur les finances publiques du Sénégal. C’est le constat dressé par l’économiste Amath Ndiaye, qui a analysé l’explosion des subventions et l’évolution des taxes appliquées aux produits énergétiques. Selon l’expert, les prévisions établies en début d’année sont désormais obsolètes.
« La croissance attendue est ramenée à 2,7 %, tandis que les subventions destinées à contenir les prix de l’énergie explosent. Initialement fixées à 250 milliards de francs CFA dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026, elles atteignent désormais 790,3 milliards, soit un surcoût de 540,3 milliards », souligne-t-il.
Pour éviter une flambée des prix de l’électricité et du carburant à la pompe, l’État se voit contraint d’injecter des ressources massives. « Ces subventions représentent désormais environ 3,5 % du PIB, contre seulement 1,1 % prévu au départ (…). La flambée des prix internationaux du pétrole constitue évidemment la cause première de cette augmentation », révèle le professeur.
L’un des aspects les plus préoccupants de ce PLFR réside dans l’arbitrage difficile entre le soutien au secteur de l’énergie et les investissements publics. L’économiste explique : « Pour absorber le choc énergétique, les dépenses d’investissement ont été réduites de 555 milliards de francs CFA. Certes, le gouvernement précise que les projets prioritaires et les secteurs sociaux seront préservés, et que les coupes ciblent les projets dont l’exécution ou l’impact socio-économique est jugé insuffisant. »
Toutefois, cette dégradation budgétaire s’explique également par le retard pris dans l’ajustement des prix intérieurs. Le relèvement des prix administrés des hydrocarbures n’est en effet intervenu qu’en août 2026 afin d’atténuer le choc sur les finances publiques. Malgré cet ajustement tardif, la charge des subventions énergétiques culminera bien à 790,3 milliards de francs CFA.