Alors que Dakar fait face à des précipitations records, la gestion des inondations se transforme en un enjeu de communication politique majeur pour l’exécutif. Interrogés hier aux Parcelles Assainies, des proches des victimes ont dénoncé une instrumentalisation politique.
Ils affirment que des jeunes ont été influencés pour s’exprimer devant les caméras, sans aucune consultation préalable de la famille éplorée lors de la visite des autorités étatiques.
Le scénario, aussi incroyable que réel, de la tournée du Premier ministre et du ministre de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, aux Parcelles Assainies illustre la volonté du gouvernement de saturer l’espace public.
Avant leur arrivée, de vives confrontations verbales ont éclaté entre un agent du ministère et des habitants du quartier, ces derniers refusant catégoriquement de se plier à un protocole de communication préétabli.
Au même moment, une membre de la famille d’Awa Ngom a déploré les lourdeurs administratives liées à la récupération des corps des victimes à l’hôpital de Grand Yoff.
« Nous avons un problème. Le père de l’enfant peine jusqu’ici à récupérer les dépouilles. Il ne fait que des va-et-vient entre la maison et l’hôpital pour obtenir les papiers exigés par les services », a-t-elle confié après le passage de la délégation gouvernementale.
Par ailleurs, une enveloppe de 921 milliards de FCFA a été annoncée pour régler définitivement la question des inondations à Dakar et à Touba.
Une promesse financière perçue sur le terrain comme déconnectée de la détresse humaine immédiate, d’autant plus que le Premier ministre et son ministre ignoraient, au moment de leur visite, l’identité des victimes et n’ont pas prononcé leurs noms lors de leur intervention.
Les victimes, Awa Ngom, vendeuse de couscous, et son fils, seront finalement inhumées dans leur village à Ngoudiane, selon les informations confiées par leur oncle à notre rédaction.