L’absence de contrat écrit, un versement suspect de 1 446 275 000 FCFA depuis le compte de dépôt du programme vers une société intermédiaire inconnue, et la disparition d’un fonds de garantie d’environ 2 milliards de FCFA : tel est le scandale dont les étudiants sont victimes depuis 2013.
C’est à cette date que le projet « Un étudiant, un ordinateur » a été lancé par le professeur Mary Teuw Niane qui a occupait le poste de ministre de l’enseignement supérieur jusqu’à 2017.
En août 2025, 11 députés de la majorité parlementaire ont décidé de porter une proposition de résolution. Celle-ci vise à créer une commission d’enquête parlementaire sur les irrégularités présumées dans la passation et l’exécution des marchés du programme.
Évalué entre 48 et 75 milliards de FCFA, ce programme n’a permis de distribuer que 6 000 ordinateurs en 2013, puis à peine 2 000 par an depuis 2015. Ces chiffres ont été révélés par Mamadou Sow, ancien agent du programme, lors de son audition hier devant les députés.
Face à ce bilan, de graves questions interpellent les parlementaires : comment de tels contrats ont-ils pu être signés sans appel d’offres, sans contrôle a priori de la Direction centrale des marchés publics (DCMP), sans inscription au plan de passation des marchés du ministère et sans l’approbation du ministre des Finances de l’époque ?
Aujourd’hui, alors que les premières auditions ont démarré, l’enquête devra s’accélérer. Toutes les autorités ayant dirigé les services de l’État rattachés à ce ministère, ainsi que les ministres concernés de 2013 à 2026impliqués directement ou indirectement, devront être entendus.