Ayant promis une rupture radicale et une grande sobriété, le régime actuel semble aujourd’hui se noyer dans l’ivresse du pouvoir. Entre soirées mondaines, affiches géantes sur le site du phare des Mamelles et création de fondations, des questions émergent quant aux véritables ambitions du couple présidentiel, à une heure où les priorités citoyennes sont ailleurs et les promesses de campagne, manifestement oubliées.
La soirée animée par l’artiste Viviane Chidid Ndour a été organisée à l’occasion du lancement officiel de la campagne « Building Resilience », initiée dans le cadre de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement (OPDAD).
Au-delà des faits, la présence du président Bassirou Diomaye Faye à cet événement suscite déjà un vif débat sur les réseaux sociaux.
À peine rentré de voyage un déplacement qui a coïncidé avec des inondations meurtrières , le fait qu’il place au rang de ses priorités une fête des Premières dames d’Afrique est jugé excessif par de nombreux observateurs.
Ce timing est d’autant plus critiqué au vu de la situation économique précaire des populations et de l’importance des débats parlementaires actuels, marqués par la convocation de membres de son entourage devant l’Assemblée nationale.
Marie Khone Faye : sur les traces de Marième Faye Sall ?
D’une part, les engagements de terrain de la Première dame, Marie Khon Faye, peinent à masquer la vive polémique entourant l’opacité financière de sa fondation. D’autre part, ses choix de communication et la récente soirée en l’honneur de ses homologues africaines sont jugés ostentatoires. Voir une figure officielle s’adonner publiquement à la danse est perçu par certains critiques comme un décalage flagrant vis-à-vis de la solennité attendue au sommet de l’État. Pour une grande partie des internautes, une Première dame incarne une institution républicaine qui exige une certaine réserve.
Il y a quelques jours, une affiche géante à l’effigie de Marie Khon Faye, installée sur le site touristique et historique du phare des Mamelles à Dakar, a également déchaîné les passions sur les réseaux sociaux. Ce panneau publicitaire massif a particulièrement indigné l’opinion en raison de la mention « Son Excellence » qui accompagne son portrait, un titre jugé disproportionné.
Face à ces controverses successives, le débat se recentre sur la véritable nature des dirigeants élus à la tête d’une nation assoiffée de changement, qui espérait tant le bannissement des anciennes pratiques du « système ».