Après avoir décliné l’invitation d’Ousmane Sonko à un débat télévisé sur la Loi de Finances Rectificative (LFR), le Premier ministre, Al Amine Lo, a justifié son refus par la nécessité de consacrer son temps aux urgences du pays, alors que les tensions sociales s’intensifient sans qu’aucune mesure concrète n’ait encore été observée.
« En ma qualité de chef du gouvernement, mon temps et mes forces intellectuelles et physiques sont mobilisés sur ces urgences, plutôt que sur des débats qui ne disposent que d’une seule enceinte institutionnelle : le Parlement », a-t-il répondu indirectement au leader de Pastef lors d’un conseil interministériel.
Cette réplique intervient dans un contexte politique tendu, où l’Assemblée nationale accuse l’exécutif de jouer un « double jeu » avec la LFR 2026. Selon les députés, cette loi pèse déjà lourdement sur le panier de ménagères des Sénégalais dans l’unique but de rembourser la dette auprès des créanciers.
Pour rappel, lors d’un point de presse ce lundi, Ousmane Sonko avait invité le gouvernement à un débat public afin d’échanger sur la baisse des subventions et la hausse des taxes prévues dans cette LFR. Une initiative perçue comme un piège par les députés de la majorité.
Sur le plan comptable, cette LFR impose des ajustements budgétaires majeurs. Elle table sur des recettes globales de 5 848,7 milliards FCFA face à des dépenses de 7 583,9 milliards FCFA, portant le déficit réévalué à 7,6 % du PIB, malgré des hausses notables sur les subventions énergétiques.