L’enquête sur le présumé financement d’insultes en ligne impliquant Mame Diarra Thiam, alias Diodio Glow Skin, et Rokhaya Fall, dite Rox la Chancelière, n’est pas close. Le parquet de Pikine-Guédiawaye a demandé au juge instructeur une délégation judiciaire à la Division spéciale de cybersécurité (DSC) afin d’élargir les investigations, renseigne Libération.
Mame Diarra Thiam, alias Diodio Glow Skin, et Rokhaya Fall, dite Rox la Chancelière, ont été inculpées et soumises respectivement au bracelet électronique et au contrôle judiciaire. Mais pour le parquet, leur mise en cause ne clôt pas le dossier : il s’agit désormais de remonter toute la chaîne présumée commanditaires, intermédiaires, bénéficiaires et personnes ayant participé à la diffusion des contenus injurieux
Toujours selon la source, dans son réquisitoire introductif adressé au juge du 2e cabinet de Pikine-Guédiawaye, le ministère public a donc requis une délégation judiciaire à la DSC. Cette procédure doit permettre aux enquêteurs de poursuivre les investigations, d’exploiter les données numériques et d’identifier d’éventuelles nouvelles mises en cause.
Les enquêteurs ne se limitent plus aux appareils de Rox. Ils travaillent également sur les téléphones saisis auprès de Khadidiatou Kébé, alias Jessica, Natissatou Fall, dite Narou, et Ramatoulaye Diaw, alias « Ramz Yago ».
L’exploitation de ces téléphones pourrait révéler des échanges, des transferts d’argent ou des instructions permettant de déterminer qui a financé, organisé ou relayé les insultes en ligne. C’est précisément dans cette perspective que le parquet souhaite prolonger l’action de la DSC.
Le volet financier constitue l’un des axes centraux de l’enquête. Les investigations s’intéressent notamment à des transferts d’argent évoqués dans le dossier, dont un justificatif Wave de 600 000 FCFA, dont 595 000 FCFA auraient été effectivement reçus après déduction des frais.
Des sources proches du dossier évoquent aussi des mouvements de fonds impliquant des comptes bancaires à l’étranger. Le parquet entend ainsi vérifier si ces flux correspondent à des paiements destinés à financer des campagnes d’insultes ou à rémunérer des intervenants.
La délégation judiciaire pourrait conduire à de nouvelles auditions, confrontations et perquisitions. L’objectif du parquet est d’établir non seulement le rôle de Diodio Glow Skin et de Rox, mais aussi celui de toute personne ayant participé, directement ou indirectement, au dispositif présumé.
Si les données extraites des téléphones de Jessica, Narou et Ramz Yago livrent de nouveaux noms ou de nouvelles traces financières, l’affaire pourrait s’élargir à d’autres personnalités des réseaux sociaux.