L’intervention inattendue des communicateurs traditionnels dans le blocage du vote de la Loi de Finances Rectificative (LFR) fait couler beaucoup d’encre. Cette démarche fait suite à une demande discrète du Premier ministre, Al Amine Lo, malgré le renvoi en commission accepté lors de la séance plénière par Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale.
Hier, dans une vidéo relayée par la RTS, le trio de communicateurs traditionnels composé d’El Mansour Mbaye, Bécaye Mbaye et Mbaye Pekh a de nouveau invité le président de la Chambre haute à privilégier le dialogue avec l’exécutif.
L’objectif affiché semble est éviter un « blocage » institutionnel autour de la LFR, même si derrière les prises de paroles se cachent une stratégie.
« Al Amine Lo sollicite le soutien du président de l’Assemblée nationale et des élus du peuple sénégalais pour nouer le dialogue. C’est dans ce cadre qu’il a dépêché Cheikh Diba pour obtenir le renvoi de la loi en commission, ce qui explique la rencontre entre Abdoulaye Mbaye Pekh et le Premier ministre. Lors de notre échange téléphonique, ce dernier m’a confié qu’il souhaitait la paix », a déclaré El Mansour Mbaye.
En faisant appel à ces régulateurs sociaux, le Premier ministre cherche-t-il vraiment à désamorcer une crise politique majeure autour de la LFR 2026 ?
La question se pose avec acuité, alors qu’Al Amine Lo tente de placer le Pastef devant ses responsabilités face à l’opinion publique.
Pourtant, le chef du gouvernement avait fermement averti que le président de la République pourrait « prendre ses responsabilités » si la LFR venait à être rejetée, une sortie médiatique confirmée après les exigences du Chef de l’ État lors du dernier conseil des ministres.
En jouant la carte de l’apaisement par l’intermédiaire de ces figures traditionnelles, le gouvernement semble vouloir démontrer à l’opinion qu’il a épuisé toutes les voies de recours et de dialogue possibles avant la tenue de la nouvelle séance plénière.