Aux États-Unis, les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 ont pris une tournure historique avec la victoire d’Abdul El-Sayed dans le Michigan. Le démocrate progressiste est devenu le tout premier sénateur musulman de l’histoire du pays. Ce succès retentissant redonne espoir au camp démocrate, deux ans après la défaite de Kamala Harris face à Donald Trump.
Un vent nouveau souffle sur le pays. Qualifié de « sympathisant terroriste » et de proche des Frères musulmans par Donald Trump lors d’une campagne particulièrement agressive, le médecin de 42 ans, issu de l’aile gauche du Parti démocrate, s’est imposé comme une figure montante.
Porté par une large victoire de son parti face aux républicains, il défend un programme ambitieux : couverture santé universelle (Medicare for All), taxation des plus fortunés, réduction de l’influence de l’argent dans les campagnes électorales et remise en question du soutien militaire américain à Israël.
Sa campagne a pourtant été marquée par de vives tensions internes. Haley Stevens, son ancienne rivale des primaires démocrates, soutenue par l’establishment du parti, a créé la surprise en ralliant à la dernière minute le candidat républicain Mike Rogers. Cette défection majeure n’a finalement pas empêché la victoire d’El-Sayed.
Interrogé sur ce profil atypique, le journaliste Jim Nejman a souligné : « Il a un programme très dur, très ancré à gauche pour les standards américains. Il veut taxer les millionnaires, instaurer une couverture santé universelle, mais surtout, il bouscule la ligne traditionnelle en voulant conditionner ou suspendre le soutien militaire à Israël. »
Au-delà de ce symbole, les décomptes de l’Associated Press confirment un véritable raz-de-marée démocrate. Le parti a franchi le seuil des 218 sièges pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants et a arraché le contrôle du Sénat, porté par des victoires surprises dans l’Iowa, le Texas et le Kansas — une première dans cet État depuis 1932.
Pour rappel, les midterms se tiennent tous les deux ans après l’élection présidentielle. L’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants, un tiers du Sénat (35 sièges) ainsi que plusieurs postes de gouverneurs étaient en jeu.