En Guinée, le général Mamadi Doumbouya, président de la transition depuis le coup d’État de 2021, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 dès le premier tour, avec un score écrasant de 86,72 % des suffrages exprimés, selon les résultats provisoires annoncés par la Direction générale des élections (DGE). Ce scrutin marque le retour à l’ordre constitutionnel après quatre années de transition, bien que marqué par des controverses sur l’exclusion de figures majeures de l’opposition.
Les résultats provisoires, proclamés dans la soirée du 30 décembre 2025, indiquent un taux de participation élevé de 80,95 %. Mamadi Doumbouya, candidat du parti GMD (Guinée pour le Développement), domine largement ses huit rivaux, dont la plupart sont peu connus du grand public. Parmi les autres candidats, aucun n’atteint les 5 % des voix, confirmant une victoire sans appel pour l’ancien chef de la junte militaire.
Dans la capitale Conakry, les scores du général Doumbouya sont particulièrement élevés. À Kassa, il obtient 97,82 % des voix, tandis qu’à Kaloum, Ratoma, Dixinn, Matam et Sonfonia, il dépasse systématiquement les 70 % à 80 %, avec des pics au-delà de 90 % dans certaines localités. À l’intérieur du pays, les tendances sont similaires : 81,97 % à Coyah, 84,26 % à Gaoual et plus de 93 % à Yomou, selon les données partielles publiées par la DGE.
Ce scrutin s’est déroulé dans un contexte tendu, avec l’absence de plusieurs leaders d’opposition, certains en exil ou exclus du processus électoral pour des raisons jugées arbitraires par les observateurs internationaux. Des candidats comme Cellou Dalein Diallo ou Sidya Touré, figures historiques de la politique guinéenne, n’ont pas pu participer, ce qui a alimenté les critiques sur la transparence et l’équité du vote. Malgré cela, plusieurs concurrents ont déjà reconnu leur défaite et félicité le vainqueur présumé.
La proclamation des résultats définitifs est attendue après la validation complète des procès-verbaux par les autorités compétentes, incluant les votes de la diaspora. La DGE, dirigée par Djenabou Touré, a indiqué que la publication des résultats partiels se poursuivra progressivement. Si ces tendances se confirment, Mamadi Doumbouya, âgé de 45 ans et ancien commandant des forces spéciales, consolidera son pouvoir acquis par le putsch contre Alpha Condé en septembre 2021.
Cette élection intervient après l’approbation d’une nouvelle Constitution en septembre 2025, validée par 89 % des votants lors d’un référendum, qui permettait à Doumbouya de se présenter. Les observateurs notent un rétrécissement des libertés civiles sous la transition, avec des restrictions sur les médias et les manifestations. Néanmoins, le scrutin s’est déroulé sans incidents majeurs rapportés, et les résultats provisoires ont été salués par certains comme un pas vers la stabilité.
Mamadi Doumbouya, qui s’est présenté comme un réformateur luttant contre la corruption, devra désormais affronter les défis économiques de la Guinée, riche en ressources minières mais confrontée à la pauvreté et aux inégalités. Sa victoire, si confirmée, ouvrira une nouvelle ère pour le pays ouest-africain.
Ramatoulaye Sow