La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a publié ce mardi 17 février 2026 un communiqué officiel concernant la situation préoccupante des 18 supporters sénégalais détenus au Royaume du Maroc depuis la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. Ce document, attendu par l’opinion publique sénégalaise, vise à rassurer sur les efforts déployés pour leur libération et met en lumière les actions diplomatiques et juridiques en cours.
La finale de la CAN 2025, disputée le 18 janvier 2026 à Rabat, a vu le Sénégal s’imposer 1-0 après prolongation face au Maroc, pays hôte. Ce match, marqué par des controverses arbitrales et des débordements, a dégénéré en violences en dehors du terrain. Des affrontements ont opposé supporters et forces de l’ordre, entraînant des dégradations d’équipements sportifs et des jets de projectiles. Du côté marocain, ces incidents ont été qualifiés de « hooliganisme », avec des accusations graves incluant des actes de violence contre les policiers.
À la suite de ces événements, 18 supporters sénégalais ont été arrêtés et placés en détention provisoire à Rabat. Près d’un mois plus tard, leur situation suscite une vive émotion au Sénégal, avec des appels à la libération relayés par des joueurs comme Pape Matar Sarr, qui a publiquement dénoncé une « injustice ». Les détenus, se plaignant de barrières linguistiques lors des interrogatoires (conduits en français et arabe alors qu’ils parlent principalement le wolof), ont entamé un « jeûne » intermittent et refusent désormais de comparaître devant la justice marocaine, dénonçant un manque de garanties pour un procès équitable.
Dans son communiqué, la FSF informe l’opinion publique que « la situation des supporters sénégalais actuellement retenus au Royaume du Maroc est suivie avec la plus grande attention. Elle souligne que l’État du Sénégal est pleinement mobilisé à cet effet, au plus haut niveau, en étroite collaboration avec les autorités marocaines compétentes, dans le respect des relations fraternelles et historiques qui unissent nos deux pays ».
Sous la coordination de l’ambassadeur du Sénégal au Maroc, « toutes les diligences nécessaires sont entreprises afin de veiller scrupuleusement sur les conditions de détention de nos compatriotes, de garantir le respect de leurs droits fondamentaux et de leur assurer une assistance juridique appropriée ». La FSF exprime sa solidarité envers ces supporters, dont « l’engagement constant aux côtés de nos équipes nationales est reconnu et apprécié ».
Confiante dans les efforts diplomatiques et juridiques en cours, la Fédération demeure convaincue qu' »une issue heureuse interviendra dans les meilleurs délais ». Elle s’engage à informer l’opinion de toute évolution significative et appelle « au calme, à la solidarité et à la confiance dans les démarches engagées ».
Du côté marocain, la perspective diffère sensiblement. Les médias locaux et la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) mettent l’accent sur les sanctions de la Confédération Africaine de Football (CAF), jugées inéquitables et trop clémentes envers le Sénégal. Les incidents sont décrits comme des actes de vandalisme graves, justifiant les poursuites pour hooliganisme. Des vidéos virales montrent également des comportements racistes de certains supporters marocains, illustrant les tensions exacerbées par le football, malgré les liens historiques entre les deux nations. Le procès des détenus a été reporté plusieurs fois, notamment en raison d’une grève des avocats au Maroc, prolongeant l’incertitude.
Le communiqué de la FSF a été accueilli avec un mélange de soulagement et de scepticisme au Sénégal. Sur les réseaux sociaux, des campagnes comme #LiberezNosSupporters gagnent en ampleur, avec des veillées et des manifestations en soutien. Des figures publiques, dont des joueurs de l’équipe nationale, appellent à une résolution rapide. Cependant, certains critiques estiment que les autorités sénégalaises pourraient faire plus pour accélérer le processus.
Cette affaire met en lumière les défis du football africain, où les passions sportives peuvent parfois ébranler des relations diplomatiques solides. Alors que les efforts se poursuivent, l’espoir d’une libération prochaine repose sur la coopération entre Dakar et Rabat, dans l’esprit de fraternité invoqué par la FSF.