Le gouvernement se rend enfin compte de la nécessité de dialoguer avec le Parlement pour éviter le rejet de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 par la plénière de l’Assemblée nationale. Un réveil bien tardif.
Des propositions de loi portant sur des questions majeures révision de la Constitution, déclaration de patrimoine, fonds spéciaux ou souveraineté ont été rejetées par le Conseil constitutionnel après des recours du gouvernement.
Cette démarche conflictuelle traduit, selon l’auteur, un refus du dialogue avec la majorité parlementaire. Le recours aux Sept Sages a ainsi pris le pas sur la recherche de consensus.
Depuis quelques mois, certains acteurs politiques invoquent une crise institutionnelle pour réclamer la dissolution de l’Assemblée nationale. D’autres demandent au président de la République de prendre ses responsa-bilités.
Pourtant, la majorité patriotique n’a cessé d’appeler au dialogue entre l’exécutif et le législatif. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a exprimé ce souhait à plusieurs reprises, au perchoir comme dans ses interventions médiatiques.
Depuis la rupture entre le président de la République et son ancienne majorité, Pastef défend l’indépendance du Parlement et ses prérogatives : voter les lois et contrôler l’action gouvernementale.
La LFR 2026, un exercice démocratique ordinaire
L’examen de la LFR relève du fonctionnement normal des institutions. Après analyse du texte, débats contradictoires et demandes de clarification, la commission des finances a rejeté le projet.
Il appartient désormais à la plénière de trancher. La panique gouvernementale est difficile à comprendre. Ses représen-tants, notamment ceux du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, participent aux trayaux des commissions.
Après ces échanges, le gouvernement ne peut raisonnablement prétendre que le rejet est dépourvu de fondement.
La conférence de presse gouvernementale s’apparente, aux yeux de l’au-teur, à une opération de communication visant à influencer l’opinion. Pour le Premier ministre, rejeter la LFR serait politiquement irresponsable. Cette posture conflictuelle ne fait qu’accentuer les tensions avec la représentation nationale.
Le piège du reniement des engagements
La majorité parlementaire de Pastef exige le respect des engagements du président de la République. Elle estime que la LFR contredit les orientations défendues par le chef de l’État, le parti et ses élus. L’exécutif se retrouve ainsi face au dilemme du respect ou du reniement des engagements politiques du changement.
Le gouvernement souffre, selon l’auteur, d’un déficit de confiance devant la représentation nationale. Il doit prendre la mesure des conséquences politiques de la rupture entre le président de la République et son ancienne majorité.
C’est là que se trouve la racine du mal.
Ousmane Sonko avait prévenu.: on ne peut pas faire du Pastef contre le Pastef, sa majorité et les bases électorales de la rupture. La séparation politique n’exclut pas le dialogue institutionnel.
Dialoguer sans fuir ses responsabilités
Le dialogue entre le gouvernement et le Parlement est indispensable au fonctionnement des institutions et à la démocratie pluraliste. Mieux vaut tard que jamais. Il ne doit toutefois pas servir à élu-derles responsabilités.
Le gouvernement a les siennes, tout comme le Parlement.
Les deux pouvoirs doivent discuter et assumer leurs divergences dans le respect de leurs compétences.
Le rejet de la LFR ne signifie pas la fin des institutions républicaines. Il peut aussi constituer une étape dans la maturation de la démocratie sénégalaise.
Gouvernants et parlementaires sont désormais face à une épreuve de responsabilité politique qu’ils devront franchir avec courage.