Dans un tournant inattendu qui secoue l’opinion publique sénégalaise, Nabou Lèye, danseuse bien connue , a été renvoyée derrière les barreaux après une audition approfondie dans l’affaire du double meurtre d’Aziz Dabala et de son ami Waly (Boubacar) Gano. Ce rebondissement, survenu mercredi dernier au tribunal de Pikine-Guédiawaye, marque un durcissement de la procédure judiciaire contre elle, malgré ses fermes dénégations d’implication.
L’affaire remonte à plusieurs mois, lorsque les corps d’Aziz Dabala, , et de son ami Waly Gano ont été découverts dans des circonstances tragiques. Le principal suspect, Amadou Lamine Diaw, alias Modou Lô , avait initialement revendiqué la responsabilité exclusive des assassinats. Cependant, dans un revirement spectaculaire, Modou Lô a récemment modifié sa version des faits, accusant Nabou Lèye et le chanteur Tarba Mbaye d’avoir orchestré le crime. Selon ses allégations, ces derniers auraient été présents sur les lieux et auraient même porté le coup fatal.
Le mobile invoqué par Modou Lô est particulièrement grave : l’existence de vidéos compromettantes détenues par Aziz Dabala, qui auraient pu nuire à la réputation de Nabou Lèye et de Tarba Mbaye. Ces éléments ont ajouté une couche de complexité à un dossier déjà sombre, impliquant potentiellement un réseau de chantage et de vengeance.
Entendue pour la première fois au fond par le juge d’instruction du 2e cabinet près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Nabou Lèye a maintenu une ligne de défense inébranlable. « Je n’y suis pour rien. Je n’ai pas tué et je ne sais pas qui a tué », a-t-elle déclaré, niant toute participation au double homicide. Cette audition a été suivie d’une confrontation directe avec Modou Lô, déjà incarcéré, au cours de laquelle elle n’a pas varié dans ses propos malgré les accusations portées contre elle.
Cependant, selon des sources proches de l’enquête, des contradictions dans les déclarations de Nabou Lèye lors de cette confrontation ont renforcé les soupçons à son encontre. Le journaliste Daouda Djigal, qui suit l’affaire de près, a rapporté que ces incohérences, combinées à de nouveaux éléments ajoutés au dossier, ont « coincé » la danseuse et convaincu le magistrat de révoquer son contrôle judiciaire. En conséquence, un mandat de dépôt a été émis, et Nabou Lèye a été transférée à la prison pour femmes du Camp pénal de Liberté 6.
Ce retour à la case prison pour Nabou Lèye intervient après une période de liberté sous contrôle judiciaire, qui avait suscité des interrogations sur la solidité des preuves contre elle. Les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC) ont apparemment accumulé des indices supplémentaires, bien que les détails précis restent confidentiels. Des sources évoquent une possible contre-expertise technique qui pourrait, à terme, innocenter la danseuse, mais pour l’heure, le dossier s’assombrit avec ces développements.
Tarba Mbaye, l’autre personne impliquée selon Modou Lô, a été entendue par la DIC et libérée sous convocation. Son passage devant le juge d’instruction semble toutefois inévitable, ce qui pourrait apporter de nouvelles révélations.
L’enquête se poursuit, et les autorités appellent à la prudence face aux spéculations. Pour l’instant, Nabou Lèye reste présumée innocente jusqu’à preuve du contraire, mais son retour en détention marque un chapitre sombre dans cette saga judiciaire.
Ramatoulaye Sow