Le Premier ministre Ousmane Sonko présidera, ce mardi 17 mars 2026, la réunion du Comité de pilotage du Pacte national de Stabilité sociale. Ce rendez-vous stratégique se tiendra au Building Administratif Mamadou Dia, à Dakar, en présence des principaux acteurs sociaux : centrales syndicales, organisations patronales et représentants du gouvernement.
Un pacte historique pour la paix sociale
Signé le 1er mai 2025 lors de la fête du Travail, le Pacte national de Stabilité sociale pour une Croissance inclusive et durable engage le gouvernement, quatre centrales syndicales et quatre organisations patronales pour une durée de trois ans (2025-2027). Il prévoit une « trêve sociale » : les syndicats s’engagent à suspendre les grèves, tandis que l’État s’engage à honorer ses promesses en matière de recrutement (notamment dans l’éducation et la santé), d’amélioration des conditions de travail, de régularisation des pensions et de partage équitable des richesses.
Le texte vise à créer un climat propice à la relance économique, à la promotion du travail décent et à la stabilité du front social. Lors de la cérémonie de signature, Ousmane Sonko avait insisté sur la transparence et le dialogue : « Nous serons une maison de verre, nous serons transparents avec vous ».
Un comité de pilotage déjà en action
Installé le 27 octobre 2025 par le Premier ministre lui-même, le Comité de pilotage a pour mission de suivre la mise en œuvre concrète du Pacte. La réunion du 17 mars intervient dans un contexte où le gouvernement réaffirme fermement son engagement.
Hier, mercredi 11 mars 2026, lors du Conseil des ministres présidé par le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a consacré une large partie de sa communication au capital humain. Il a rappelé l’urgence de résoudre les crises structurelles dans l’éducation, la santé et l’emploi, tout en insistant sur le respect scrupuleux des engagements du Pacte. Le communiqué officiel souligne : « Le Gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre le Pacte national de Stabilité sociale […] pour maintenir et consolider le dialogue pour la stabilité et la paix sociales ».
Qu’attendre de la réunion du 17 mars ?
Cette convocation intervient alors que plusieurs syndicats (dont certains du G7 de l’éducation) continuent de pointer des retards dans l’application de certains volets (recrutement massif d’enseignants, indemnités, infrastructures scolaires). Le Premier ministre devrait :
- Faire le point sur l’exécution des accords sectoriels déjà signés ;
- Écouter les préoccupations des partenaires sociaux ;
- Fixer un calendrier accéléré pour les engagements restants avant la fête du Travail 2026.
Pour le gouvernement, il s’agit de démontrer que le dialogue social n’est pas un slogan mais une réalité quotidienne, indispensable à la souveraineté productive et à la croissance inclusive voulue par le Projet.
Un signal fort pour le front social
Cette réunion du Comité de pilotage est perçue comme un test majeur pour le maintien de la trêve sociale. Dans un contexte économique marqué par la renégociation des contrats stratégiques (sujet sur lequel Sonko doit tenir une conférence de presse ce jeudi 12 mars), la stabilité du dialogue tripartite (État-syndicats-patronat) apparaît comme une priorité absolue.
Les acteurs attendent des annonces concrètes. Les syndicats, de leur côté, ont déjà indiqué qu’ils jugeront à l’aune des résultats tangibles. Le patronat, quant à lui, espère un climat apaisé propice aux investissements.
Le rendez-vous du 17 mars pourrait donc marquer un tournant dans la consolidation du Pacte, près d’un an après sa signature. Le Sénégal, qui aspire à une économie compétitive et solidaire, observe avec attention.