Les réseaux sociaux s’imposent désormais comme un défi majeur pour le chef de l’État. Lors du dernier Conseil des ministres, il a exhorté le gouvernement à prioriser la régulation des plateformes numériques dans le cadre de la rentrée scolaire.
Le communiqué officiel précise ainsi : « Il instruit également de veiller à la réforme concertée et adaptée des curricula et du cadre d’orientation des élèves, pour accentuer la transformation et le renouveau de l’École, avec la montée en puissance du numérique, la régulation des réseaux sociaux et le développement de la formation professionnelle et technique. »
Si le pouvoir justifie cette initiative par la nécessité d’adapter l’école aux défis du virtuel pour endiguer les dérives (fausses informations, injures), cette démarche suscite néanmoins des interrogations.
D’autant plus que le président Bassirou Diomaye Faye avait déjà fustigé, lors de l’installation du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal (CCJS), le comportement de ceux qu’il qualifie d’« insulteurs » du web.
Cette offensive ciblée vers la jeunesse invite à dresser une comparaison directe avec la gouvernance de Macky Sall. À la fin de son mandat, ce dernier avait employé des méthodes similaires en restreignant l’accès aux réseaux sociaux.
Pour rappel, les autorités ont mis en place en début d’année le Conseil national de régulation des médias (CNRM), un organe doté de pouvoirs renforcés pour surveiller l’espace numérique et imposer de lourdes sanctions financières aux géants du Web ainsi qu’aux créateurs de contenu.