Souvent critiqué pour ses prises de position jugées déconnectées de la réalité, l’ancien directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keïta, fait face à une vague de contestations. Ce dernier s’est récemment exprimé sur le renvoi en commission du projet de loi de finances rectificative (LFR) à la demande de l’Exécutif, affirmant qu’il s’agissait là de dépasser les simples calculs politiques.
« Il n’est toutefois jamais trop tard pour se ressaisir et de remettre les choses dans le bon ordre. Cela commence par la reconnaissance de l’Assemblée nationale comme une institution constitutionnelle à part entière, investie de prérogatives exclusives, complémentaires de celles de l’Exécutif », a-t-il écrit sur sa page Facebook.
Avant d’ajouter : « C’est cela, l’esprit d’un gentlemen’s agreement : privilégier l’intérêt supérieur de la Nation, dépasser les calculs politiciens et renouer avec la cohérence des engagements pris devant le peuple. »
Cette posture d’équilibriste est perçue comme une nouvelle orientation, contraire à l’idéologie radicale incarnée avant son limogeage. Sur les réseaux sociaux: es Patriotes prennent son contre-pied, d’autant plus qu’un dialogue sincère est loin d’être voulu par le gouvernement concernant l’examen du projet de loi de la LFR.
Les erreurs du passé
Ses déclarations, jugées parfois maladroites, provoquent le plus souvent des tensions aussi bien au sein de son propre parti qu’auprès de l’opinion publique.
Lorsque Aoua Bocar Ly Tall a été nommée au sein du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), Fadilou Keïta avait publiquement émis des réserves sur la nomination de cette universitaire, alors même que Ousmane Sonko, Premier ministre à cette époque, avait déjà apporté des clarifications à ce sujet.
Bien avant cela, il avait affirmé que ses responsabilités au sein de PASTEF ne lui avaient pas été « offertes », mais acquises à la sueur de son front, ajoutant que son engagement ne se limitait pas à un poste de pouvoir.
Il a également tenu des propos maladroits sur la présidence en déclarant : « Bassirou Diomaye Faye a été désigné pour être président […] et si on m’avait désigné, je le serais aussi ».
Ces déclarations ont toutefois été critiquées par certains chroniqueurs, journalistes et analystes, l’accusant d’être un mauvais communicant.