Le 9 février 2026, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été le théâtre de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Ces heurts, déclenchés par des revendications sur les arriérés de bourses et la fermeture des restaurants universitaires, ont causé la mort tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine dentaire. Des rumeurs de violences policières ont rapidement circulé, accusant les forces de l’ordre d’avoir battu à mort le jeune homme dans sa chambre. Face à la désinformation et aux tensions, le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar, Ibrahima Ndoye a tenu une conférence de presse le 17 février 2026 pour livrer les premiers éléments de l’enquête.
La rédaction vous présente un résumé détaillé et équilibré des faits, basé sur les déclarations officielles, les rapports d’autopsie et le contexte des événements.
Les manifestations à l’UCAD s’inscrivent dans une série de mouvements récurrents au Sénégal. Les étudiants dénonçaient :
- Des arriérés de bourses (jusqu’à 13 mois pour certains masters).
- La fermeture des restaurants universitaires.
- Un projet de réforme du système d’allocations d’études.
Ces tensions ont dégénéré le 9 février après l’entrée des forces de l’ordre sur le campus social. Des scènes de gaz lacrymogènes, de jets de pierres, d’incendies et de saccages ont été filmées et largement partagées sur les réseaux sociaux.
Lors de sa conférence de presse, le Procureur Ibrahima Ndoye a affirmé, en s’appuyant sur :
- Les auditions des colocataires.
- Les images de vidéosurveillance.
- Le rapport d’autopsie.
- Les enquêtes de la Division des investigations criminelles (DIC).
Que Abdoulaye Ba n’a jamais été en contact physique avec les forces de l’ordre. Il résidait au Pavillon F, chambre 83 (ou voisine de la 85 où l’incendie a débuté).
Voici les faits rapportés :
- Un incendie s’est déclaré dans la chambre 85 du pavillon F, dégageant une épaisse fumée noire qui a envahi le couloir.
- L’issue de secours était scellée sur instruction de responsables du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) une enquête distincte vise à vérifier si cette décision a contribué au drame.
- Piégés, Abdoulaye Ba et ses colocataires (huit au total) ont dû sauter par la fenêtre du 4ᵉ étage.
- Certains ont atterri sur leurs pieds (entorses et fractures). Abdoulaye Ba a « raté une marche » et est tombé sur le côté gauche de son corps sur l’asphalte.
Le médecin légiste a conclu à un polytraumatisme sévère : hémorragie interne massive, contusions cérébrales, thoraciques et abdominales, choc traumatique toutes les lésions sont compatibles avec l’impact de la chute.
Le Procureur Ibrahima Ndoye cita :
« Abdoulaye Ba est bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4ᵉ étage du pavillon F et qui malheureusement a atterri sur l’asphalte. Ce qui explique les dommages et autres dégâts constatés par le médecin légiste. Rien ne permet d’établir ou d’affirmer qu’il a été battu… Le choc traumatique ayant provoqué le décès a eu pour origine et pour cause la chute. »
Les enquêtes ouvertes et les poursuites annoncées
Le Procureur Ndoye a rappelé que deux enquêtes distinctes avaient été lancées dès le 9 février :
- Sur les violences estudiantines: La Sûreté urbaine de Dakar a interpellé plusieurs étudiants pour vandalisme et organisation de manifestations violentes. Certains ont déjà été déférés devant un juge d’instruction et placés sous mandat de dépôt.
- Sur les forces de l’ordre : La DIC examine les éventuels dépassements (coups sur des personnes neutralisées, destruction de biens). Des policiers identifiés seront poursuivis.
Autres points en cours d’investigation :
- Origine de l’incendie (acte intentionnel ? Cocktail Molotov ?).
- Responsabilité du scellement de l’issue de secours.
- Si l’incendie est volontaire et a indirectement causé la mort, les auteurs risquent une inculpation pour homicide involontaire.
Le Procureur a conclu en rappelant que l’enquête judiciaire « permettra de déterminer l’entière vérité » et que personne ne sera protégé.
La déclaration du Procureur Ibrahima Ndoye écarte pour l’instant la thèse d’une bastonnade policière directe sur Abdoulaye Ba et attribue son décès à une chute accidentelle lors d’un incendie qui a piégé les étudiants. Cependant, les investigations se poursuivent sur l’ensemble des responsabilités (étudiants, police, administration du campus).
L’affaire reste sensible et symbolique. Elle interroge à la fois la gestion des mouvements étudiants, la proportionnalité de l’intervention policière et la transparence de la justice sénégalaise. L’opinion publique attend désormais les résultats définitifs de l’enquête et, surtout, que justice soit rendue à Abdoulaye Ba et à toutes les victimes de ces événements.
Paix à l’âme d’Abdoulaye Ba.