Lors d’un point de presse consacré à la renégociation des contrats stratégiques, le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé que l’État du Sénégal a subi un préjudice colossal de 1 075 milliards FCFA dans le dossier des Industries Chimiques du Sénégal (ICS). Le gouvernement passe à l’offensive : blocage des comptes de l’entreprise, non-renouvellement des concessions minières détenues par les partenaires indiens et reprise de l’ensemble des actifs.
Un manque à gagner historique mis au jour par les audits
Le Comité de renégociation des contrats, en collaboration avec l’Inspection générale d’État (IGE), a passé au peigne fin les conventions liant l’État aux ICS. Les conclusions sont sans appel : le Sénégal a été lésé à hauteur de 1 075 milliards FCFA à travers :
- des avantages indus accordés à l’entreprise ;
- des exonérations fiscales jugées illégales ;
- des redevances non versées ;
- des abandons de créances ;
- des opérations financières qui ont privé l’État de son actionnariat pendant plusieurs années (la participation de l’État est passée d’actionnaire majoritaire à seulement 15 %).
« Le Comité de renégociation des contrats et l’IGE ont travaillé sur les #ICS et constaté que le Sénégal a été lésé à hauteur de 1075 milliards FCFA », a déclaré le Premier ministre Ousmane Sonko.
200 milliards FCFA de redevances bloquées
Pour contraindre l’entreprise à honorer ses engagements, les comptes des ICS ont été immédiatement bloqués. L’objectif est clair : recouvrer des redevances estimées à près de 200 milliards FCFA.
Décisions radicales : fin des concessions indiennes et reprise des actifs
Le chef du gouvernement a annoncé deux mesures fortes et immédiates :
- Le non-renouvellement des concessions minières accordées aux investisseurs indiens.
- La reprise par l’État de l’ensemble des actifs de l’entreprise.
Ces décisions s’inscrivent dans la stratégie globale de souveraineté économique du gouvernement : rompre avec l’exportation brute de matières premières et privilégier la transformation locale du phosphate pour créer une véritable industrie nationale d’engrais.
Vers une filière phosphatière sénégalaise souveraine
Les ICS, pilier historique de la production phosphatée sénégalaise, deviennent le symbole de la nouvelle politique minière. Le Premier ministre a insisté sur l’ambition de faire du Sénégal un hub régional de production et d’exportation d’engrais vers l’Afrique de l’Ouest, où la demande en fertilisants est forte.
« Nous ne pouvons plus accepter que nos ressources profitent davantage aux partenaires étrangers qu’au peuple sénégalais », a laissé entendre le ton des annonces.
Une étape décisive dans la renégociation des contrats stratégiques
Ce dossier ICS n’est que le début. Le gouvernement accélère la revue de tous les contrats dans les secteurs miniers, pétroliers et gaziers. L’objectif affiché : récupérer chaque franc cédé illégalement et rétablir l’État dans ses droits.
Les Sénégalais, qui suivent avec attention cette vaste opération de « renégociation des contrats », attendent désormais les prochaines annonces. Le message est clair : l’ère des conventions déséquilibrées est terminée.