La Cour suprême a accordé ce lundi la liberté provisoire à Farba Ngom, ancien député et maire des Agnams, avec placement sous contrôle judiciaire. Cette décision marque un tournant dans une affaire qui captive l’opinion publique depuis près d’un an, impliquant des accusations de détournement de fonds publics et de corruption au sein du Pool judiciaire financier (PJF). Cette mesure intervient après plusieurs refus antérieurs et une série de recours motivés par des raisons médicales.
Farba Ngom, figure proche de l’ancien président Macky Sall et membre influent de l’Alliance pour la République (APR), a été placé sous mandat de dépôt le 27 février 2025. Il est poursuivi pour des faits présumés de corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, dans le cadre d’une enquête sur des malversations financières liées à ses activités publiques. L’affaire a éclaté suite à des révélations sur des contrats suspects et des mouvements de fonds irréguliers, impliquant également son frère Hamady (ou Demba) Ngom et son collaborateur Aziz Kane.
En décembre 2025, le collège des juges d’instruction du PJF avait déjà accordé une liberté provisoire à Hamady Ngom et Aziz Kane, soulignant une disparité dans le traitement des co-accusés. Farba Ngom, quant à lui, avait vu ses demandes précédentes rejetées, notamment en septembre 2025, où le juge d’instruction avait motivé son refus par le risque de perturbation de l’enquête et la gravité des charges. Ses avocats, invoquant une santé fragile incluant des problèmes cardiaques et une hospitalisation au pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec avaient multiplié les recours, y compris une demande déposée en décembre auprès du doyen des juges du PJF.
La procédure a culminé avec un appel devant la Cour suprême, initialement fixé au 12 janvier 2026. Les avocats de Farba Ngom, dont le cabinet Vey basé en France, avaient plaidé pour une libération immédiate, arguant d’une détention arbitraire et d’une violation des droits humains.
Farba Ngom, désormais libre mais sous surveillance, pourrait se concentrer sur sa défense en vue d’un éventuel procès. Ses avocats ont déjà annoncé leur intention de contester les charges au fond, arguant d’un manque de preuves solides.
Cette liberté provisoire n’est pas une fin en soi, mais un chapitre intermédiaire dans une saga judiciaire qui continue de diviser le Sénégal.
Ramatoulaye Sow