Samedi 10 janvier, lors d’une mission de la CEDEAO à Bissau, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a participé à des discussions de haut niveau avec les autorités de transition bissau-guinéennes, en compagnie de son homologue sierra-léonais, Julius Maada Bio. Le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, a détaillé le contenu des échanges avec le commandement militaire.
Intervenant au micro de la RTS, Cheikh Niang a expliqué qu’une longue réunion s’est tenue avec le haut commandement militaire, étendue à certains membres du gouvernement. Cette rencontre a permis d’analyser la situation politique actuelle du pays, caractérisée par un blocage institutionnel depuis le coup d’État du 26 novembre 2025.
« Le commandement militaire nous a présenté un document, un mémorandum, détaillant les mesures que le gouvernement bissau-guinéen prévoit pour restaurer l’ordre constitutionnel », a indiqué le ministre. Ce document sera examiné par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.
Cheikh Niang a néanmoins relevé que la transition de 12 mois annoncée par les autorités en place ne s’aligne pas sur celle envisagée initialement par la CEDEAO, en raison de sa conception et de sa gestion par les militaires. Cette divergence motive, selon lui, la création d’un mécanisme de suivi par le comité de médiation restreint, dont le Sénégal fait partie.
Le ministre a par ailleurs mentionné que la délégation de la CEDEAO a rencontré divers acteurs politiques détenus ou impliqués dans la situation post-coup d’État, afin de recueillir leurs perspectives pour une transition ouverte, inclusive et pacifique.
À travers cette mission, Cheikh Niang a réaffirmé la position du Sénégal, qui insiste sur le respect de l’ordre constitutionnel et sur l’organisation d’un processus électoral crédible, sécurisé et en accord avec les protocoles régionaux de la CEDEAO.
Ramatoulaye Sow